Des intervenants médicaux civils se préparent au pire au Centre de simulation médical des Forces canadiennes

Agrandir l'image Les paramédicaux devaient effectuer le triage des patients selon la gravité de leurs blessures, avant leur transport à l’hôpital. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Le personnel du Centre de simulation médical des Forces canadiennes (CSMFC) de la Base Valcartier a échafaudé un scénario cauchemardesque qui a servi de formation à 24 médecins, infirmières et paramédicaux de la province le 24 février.

Cette activité se déroulait au sein même des installations du CSMFC dans le cadre du Colloque Trauma défis 2016 du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA), qui se tenait au Château Frontenac du 24 au 26 février.

Comme l’explique un des chefs d’orchestre de l’exercice, François Pinault, gestionnaire du CSMFC, l’exercice visait à mettre à l’épreuve la cohésion et le leadership des participants en les plongeant dans un scénario de crise. Quoi de mieux pour atteindre cet objectif qu’une situation chaotique et un groupe d’intervenants qui ne se connaissent pas? 

«C’était une expérience trippante et déstabilisante, mais aussi très constructive», constate un paramédical, Israel Dumont.

«En les préparant à la dure, les participants deviennent plus aptes à répondre en temps réel à une situation corsée», précise M. Pineault, qui a présenté le scénario aux visiteurs quelques heures seulement avant qu’ils n’entrent en action.

Des observateurs notaient les réactions et les décisions des participants. À la fin de la simulation, le groupe est revenu sur les points à améliorer et à conserver.

«C’est la première fois que je viens et je veux revenir, c’est certain. C’était vraiment cool», indique Joanie Morin, une autre paramédicale présente à la simulation. «Plusieurs personnes reviennent d’année en année, car c’est la seule activité de formation annuelle pour eux», confirme le gestionnaire du CSMFC. 

Des mois de planification

L’équipe du Centre de simulation a dû se réunir plusieurs fois pour bien ficeler les détails logistiques et administratifs du scénario. Au total, 43 personnes ont mis la main à la pâte pour assurer le succès de l’activité de simulation. «On adore faire ça, car on est constamment sorti de notre zone de confort. On exploite 100 % du CSMFC, ce qu’on fait rarement. Ça demande beaucoup de coordination avant et pendant. C’est comme une grosse pièce de théâtre», observe M. Pineault.

De plus, ce sont des membres de la 5e Ambulance de campagne qui ont joué le rôle des victimes. Leurs maquillages ont rendu la situation plus réaliste. «Quoi de mieux qu’un technicien médical pour simuler une blessure?», lance M. Pineault, qui se réjouit du succès de l’activité. «On est très content du résultat. On est extrêmement fier de faire cette activité chaque année. Il s’agit d’une belle vitrine pour démontrer la capacité de la Défense à entraîner son personnel médical», ajoute-t-il.

Le CSMFC est le seul endroit en Amérique du Nord qui peut offrir un scénario qui passe de la scène de l’accident au transport jusqu’au centre médical, et tout ça, dans un complexe intérieur.

Une randonnée en forêt tourne au drame

N.D.L.R. : À l’invitation du CSMFC, notre journaliste a contribué au réalisme de l’exercice en jouant le rôle d’un reporter arrivé sur les lieux de l’accident. Le texte qui suit est un article fictif qu’il a écrit et qui décrit bien le scénario qui a servi à la simulation.

Un mort et huit blessés graves, voilà le bilan d’un accident survenu dans le parc national Forillon, en Gaspésie.

S’adonnant à une randonnée encordée dans la forêt gaspésienne, un groupe de randonneurs est tombé d’une falaise lorsque l’un d’eux a perdu pied après avoir trébuché.

Pas moins de 12 paramédicaux ont été dépêchés sur les lieux pour secourir les aventuriers et traiter leurs blessures.

Les victimes, âgées entre 20 et 25 ans, ont par la suite été transportées à l’hôpital Hôtel-Dieu de Gaspé où le personnel hospitalier les a pris en charge. Étant donné la gravité de leur état, des hélicoptères de la Défense nationale ont été appelés en renfort afin de transporter les victimes à Mont-Joli. De là, ils ont été emmenés à bord de l’avion-ambulance gouvernemental à destination d’un hôpital de Québec pour y recevoir des soins plus poussés.

En ce qui concerne la victime décédée, il est impossible de dévoiler son identité pour l’instant.

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