RÉACTION ROYALE: À motoneige dans les étendus blanches de Nord québécois

Agrandir l'image Les poissons pêchés par les militaires lors de la partie de pêche sur glace étaient remis à la communauté. Photo - Cpl Cayer, 2 R22eR

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Une température moyenne de -42˚Celsius, plus de 1000 soldats de la 2e Division du Canada, dont plus de 200 du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR), et la collaboration des Rangers, voici quelques grandes lignes de l’exercice nordique RÉACTION ROYALE.

Tenu du 16 février au 6 mars, RÉACTION ROYALE s’inscrivait dans une série d’exercices des Forces armées canadiennes (FAC) et des Rangers canadiens qui s’entraînaient dans plusieurs secteurs du nord du Canada avec le but de maintenir et de perfectionner leurs capacités opérationnelles dans les rudes conditions de l’Arctique.

Pendant neuf de ces 20 jours, au nord du Québec, les 200 membres du 2 R22eR prenaient part à un exercice en tant qu’unité d’intervention immédiate.

Dès le 21 février, les gars et les filles de Valcartier se sont déplacés entre les villages de Puvirnituq et Akulivik en convoi de 80 motoneiges. Tel que précisé par le commandant du 2 R22eR, lieutenant-colonel Gervais Carpentier, c’était la première fois qu’autant de motoneiges étaient déployées dans le nord du Québec. Cela aura pris 14 vols de CC130J Hercules pour transporter tout l’équipement nécessaire.

Le 430e Escadron tactique d’hélicoptères (430 ETAH) était également de la partie, ce qui a permis à l’exercice de se dérouler sur de grandes distances. Des DHC6 Twin Otter du 440e Escadron de transport veillaient au ravitaillement des troupes au sol.

RÉACTION ROYALE vue par un commandant de peloton

Responsable d’un peloton de 24 soldats, le lieutenant Hubert Chevrette Belisle devait établir la tactique des activités de son groupe qui étaient divisées en trois phases : le déplacement, la patrouille de présence et l’occupation des cabanes de pêche.

Avec l’aide d’un adjudant, il devait observer les différentes situations possibles et mettre en place un plan dans un laps de temps précis.

Un des exemples donnés par Lt Chevrette Belisle est la préparation du transport le matin. «C’est un challenge de faire fonctionner des motoneiges au bon moment lorsqu’il fait -42˚», insiste-t-il.

Les mécaniciens réalisaient souvent de petits miracles. Ils trouvaient une façon de démarrer les machines même lorsque la ligne à gaz gelait. Heureusement, si le problème était plus grave et qu’il s’avérait impossible de partir la motoneige, le Lt Chevrette Belisle pouvait compter sur la présence de CH146 Griffon du 430 ETAH. Ces derniers élinguaient les motoneiges non fonctionnelles vers le garage le plus proche et en apportaient de nouvelles.  

Le commandant de peloton pouvait aussi compter sur la présence de conseillers en climat arctique au sein de son groupe. Ils avaient pour rôle de conseiller les soldats sur les méthodes à adopter dans cet environnement austère, comme apporter des vêtements de rechange, porter plusieurs couches de vêtements, garder sa bouteille d’eau proche de son corps pour éviter qu’elle gèle et surtout, ne pas sous-estimer la puissance du vent.

Le peloton a pris part à un champ de tir sur la baie d’Hudson. Pour l’occasion, les membres du peloton se sont exercés à l’aide de situations les obligeant à se déplacer en motoneige. Il s’agissait d’une nouveauté.

«J’ai trouvé mes gars vraiment bons dans leurs aptitudes hivernales. Au début de l’hiver, notre objectif était de devenir le plus opérationnel possible dans des conditions nordiques, car nous ne sommes jamais trop préparés», admet le Lt Chevrette Belisle.  

Importante collaboration avec les Rangers canadiens

Afin de maîtriser le climat et les techniques propres à cette région, les Rangers accompagnaient constamment le 2 R22eR. «Les Rangers étaient nos yeux et nos oreilles, car ils maîtrisent l’environnement particulier du nord du Québec. C’est une région unique qui présente beaucoup de différences par rapport à ce qu’on a l’habitude de vivre plus au sud. Nos capacités seraient amoindries si nous n’avions pas la chance de travailler avec eux. Cette collaboration est primordiale», commente le Lcol Carpentier.   

«Les Rangers sont excessivement bien adaptés à leur réalité. Le fait d’observer leur mode de vie nous a permis de comprendre beaucoup de choses. Ils ont été d’excellent mentors», ajoute le Lt Chevrette Belisle. 

Cette présence des FAC dans le Nord se voulait également une façon de tisser des liens avec les communautés de la place. Le Lcol Carpentier a notamment visité la mairie pour remettre des cadeaux. Plusieurs activités culturelles telles que du ski militaire, du ski joering, une démonstration de fabrication d’igloo, de la pêche sur glace et une partie de hockey devant toute la ville opposant les Rangers au 2 R22eR étaient aussi au menu.

Les FAC ont pour leur part tenu une journée de rayonnement pour faire découvrir à la communauté autochtone les rudiments de la réalité militaire canadienne. 

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