Cours de radio amateur : retour aux sources pour le QGET

Agrandir l'image Le Cpl Kevin Fougere et le Cplc Vincent Deschênes-Desharnais s’exercent à l’utilisation d’une radio HF. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Une vingtaine de signaleurs, provenant à 70 % du Quartier général et Escadron des transmissions (QGET) et à 30 % du reste du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), prendront part à la renaissance de la station de radio amateur militaire du QGET, disparue depuis le début des années 2000.

Pourquoi? Eh bien, du 7 au 18 mars, ces passionnés de communications radio ont participé à un cours de concept radio théorique avancé, basé sur des cours de radio amateur, afin d’augmenter leur niveau de compétence en tant que signaleurs.

S’appuyant sur des normes gouvernementales, cette classe a permis aux signaleurs de se qualifier dans le domaine de la radio amateur, grâce à l’apprentissage de notions poussées en matière de communication radio à haute fréquence (HF).

Tel qu’expliqué par l’adjudant Benoit Chevrette, assistant à l’opérateur-chef au QGET, les élèves voyaient en détail les composantes d’une radio HF, la modulation, l’interprétation du signal, et plus. L’objectif était de leur permettre de calculer eux-mêmes les coordonnées de départ et d’arrivée du signal, le type d’équipement, la date, l’heure et le nombre de watts nécessaire pour la bonne transmission d’un message.

«C’est un cours très poussé qui les sort de leur zone de confort. On veut que les gens comprennent pourquoi ils font certaines choses plutôt que de se fier à la technologie pour le faire. De cette façon, si cette dernière fait défaut, ils sont en mesure de comprendre ce qui arrive et de trouver la solution», affirme l’Adj Chevrette.  

«Un peu comme un marin qui devrait naviguer à l’aide d’un astrolabe plutôt que d’un GPS», illustre le commandant du QGET, major Frédéric Lauzier.

Le caporal-chef Vincent Deschênes-Desharnais, signaleur et élève du cours, est très satisfait de son apprentissage, qui lui a procuré les connaissances techniques pour opérer une radio HF et ses composantes.

«On passe beaucoup de temps à opérer le matériel, mais on ne sait pas nécessairement comment il fonctionne. La communication HF est un système capricieux. Tu ne peux pas mettre uniquement la radio en marche et t’attendre à ce qu’elle s’opère toute seule», illustre-t-il.

Le Maj Lauzon précise que la capacité d’une station de radio amateur à la Base Valcartier permettra non seulement de maintenir les compétences en matière de HF chez le personnel du QGET, mais aussi de pouvoir compter sur un lien arrière non classifié, pouvant être rapidement déployé avec des éléments de la brigade. Cette capacité serait utile, par exemple, pour appuyer une force de haute disponibilité qui serait déployée en milieu austère où aucune infrastructure n’existe, comme dans le Nord.

«Ça fait quelques années qu’on essaie de ramener ce type de communications dans le système. L’HF permet de faire des choses que nous n’avons pas effectuées depuis des années. Je crois que ce système a sa place dans l’Armée canadienne», fait valoir un participant au cours, caporal Kevin Fougere, signaleur au QGET. 

Le retour de cette radio au sein du 5 GBMC permettra au QGET de s’intégrer au Réseau radio affilié des Forces canadiennes (CFARS). Il s’agit d’un regroupement d’opérateurs de radio amateur qui pourrait être utilisé comme réseau d’urgence en cas de problème au sein de la structure de radiocommunication de la Défense.

La force insoupçonnée des hautes fréquences

Comme l’explique le Maj Lauzon, le spectre électromagnétique, ce qui permet les radiocommunications dans le monde, est divisé en plusieurs parties qui passent du visuel aux ultras hautes fréquences (UHF).

Celles dont il est question dans le cours, les HF, sont les premières séquences qui ne peuvent être détectées par l’oreille humaine.

«Plus on monte dans le spectre, moins la distance de communication est grande», note Maj Lauzier.

Partant de ce principe, comme les HF sont les plus basses fréquences utilisées, ce sont celles qui ont la plus grande portée, mais leur utilisation est un art.

Plusieurs contraintes, telles que l’enlignement de l’antenne, le moment de la journée, l’interférence solaire et d’autres facteurs, peuvent influencer les communications HF. Une onde HF peut partir du Canada, rebondir sur l’ionosphère, redescendre au niveau du sol pour refaire un autre bond et terminer sa course à l’endroit désiré.

L’ionosphère est l’atmosphère supérieure d’une planète en référence à son état de conductibilité électrique.

 

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