Sentier des Appalaches : le défi d’une vie

Agrandir l'image Richard Sneddon au sommet du mont Katahdin, dans le parc d’État Baxter, au Maine. Photo - Gracieuseté

Par Simon Leblanc, journal Adsum

«C’est un rêve qui se réalise pour moi, l’expérience d’une vie», a affirmé en entrevue avec l’Adsum Richard Sneddon. Le major à la retraite du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment, aujourd’hui âgé de 48 ans, prendra les cinq prochains mois de sa vie pour parcourir les 3510 kilomètres du sentier des Appalaches.  

Parti de Québec le 16 mars à destination d’Atlanta en Géorgie, le marcheur a officiellement débuté son périple le jour même à partir du terminus sud du sentier, au pied du mont Springer, dans le parc national de Chattahoochee. Avant ça, une petite marche de santé d’un total de 13 kilomètres dans le sentier d’approche d’Amicalola Falls State Park. Objectif ultime : terminus nord au mont Katahdin, dans le parc d’État Baxter, au Maine.

«L’échec n’est pas une option», précise M. Sneddon. Pourtant, ce défi n’est pas sans embûche. Le parcours qui longe la côte est américaine est très accidenté et posera plusieurs défis à l’aventurier. Il devra affronter des conditions climatiques variables en plus de subir des gains et pertes en altitude de 141 580 mètres. C’est comme monter et descendre l’Everest 16 fois, sans le problème du manque d’oxygène. Le point le plus haut qu’il atteindra, le dôme Clingsman, grimpe à 2025 mètres d’altitude, à cheval sur les États de la Caroline du Nord et du Tennessee.

Au cours de cette randonnée de plusieurs mois, Richard Sneddon croisera certainement l’une des 3000 personnes qui tentent l’exploit chaque année. Seules 25 % de celles-ci complètent le sentier qui traverse 14 états américains.

Pour réussir, l’ex-militaire marchera huit heures par jour en moyenne. Au départ, il compte parcourir de 20 à 30 kilomètres quotidiennement. Après quelques semaines, il espère maintenir un rythme de 30 à 40 kilomètres si les conditions le permettent.

Une planification au quart de tour

Un tel périple serait difficilement réalisable sans une préparation méticuleuse. M. Sneddon a planifié ses déplacements au pas près. Il s’y est pris un an d’avance pour estimer les distances à parcourir entre les étapes de son tracé et établir des points de repère. Sur place, il pourra s’aider des cartes des sentiers et des balises qui guident les randonneurs.

Pour parcourir de telles distances à la marche, Richard Sneddon doit maintenir une alimentation saine et énergisante. Pour ce faire, il a consulté la gestionnaire de la Promotion de la santé, Julie Riopel-Meunier, nutritionniste. Avec son aide, il a pu élaborer un programme alimentaire visant à maintenir un régime d’environ 5500 calories par jour.

Pour son approvisionnement en nourriture, M. Sneddon a la chance d’avoir une sœur, Laura Sneddon, qui demeure aux États-Unis. Elle lui enverra des boîtes de nourriture à des points d’approvisionnement situés sur le parcours. Elle le rejoindra d’ailleurs dans l’état de la Virginie pour un petit moment de soutien familial.

Après une planification rigoureuse du trajet et de la nourriture, une sélection soignée du matériel de randonnée doit impérativement être faite pour assurer le succès de l’aventure. C’est ici que le bagage militaire de Richard Sneddon entre en jeu. Ses 24 ans de service dans les Forces armées canadiennes l’ont beaucoup aidé à choisir quoi traîner et quoi laisser derrière. Son sac, qui ne pèse que 16 kilogrammes, contient une tente, un sac de couchage, une trousse de premiers soins, de l’équipement de randonnée, des vêtements, des rations et un litre d’eau. «J’ai fait très attention pour ne pas transporter des choses inutiles. J’ai cherché l’équipement le plus léger possible. Mon expérience militaire m’a aidé pour savoir comment réduire le poids au maximum», précise-t-il.  

L’importance du soutien familial

Bien que son expérience au sein du Royal 22e Régiment l’ait préparé à vivre loin de sa famille des mois durant, Richard Sneddon ne cache pas que le soutien moral de sa famille pendant les cinq mois que prendra la marche est primordial.

C’est pour cette raison que sa femme ira lui rendre visite dans les montagnes Blanches, près du mont Washington. Deux des trois fils du couple, qui ont déjà suivi leur père en expédition sur 46 des plus hauts sommets de l’état de New York, l’accompagneront probablement pendant quelques jours.

«Ce périple serait plus difficile sans le soutien moral de ma famille», confirme celui qui cumule plusieurs années d’expérience de randonnée.

Au final, la motivation ultime qui le pousse à accomplir cet exploit : «Donner l’exemple à mes enfants qu’il est possible de prendre des actions concrètes dans la vie pour réaliser ses rêves.» 

Sentier des Appalaches

- Longe la côte est américaine

- 3510 kilomètres

- Environ 3000 personnes tentent l’exploit chaque année

- 25% des marcheurs complètent le parcours

- Passe par 14 états américains

- Gain et perte en altitude de 141 580 mètres

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