Opération REASSURANCE : Des nouvelles de nos militaires en Pologne

Agrandir l'image Les militaires polonais et canadiens se complètent à merveille. Photo - caporal-chef Andrew Davis, Imagerie FO-T REASSURANCE

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Les 220 militaires de la cinquième rotation de la Force opérationnelle terrestre (FO-T) sont arrivés en Pologne pour l’opération REASSURANCE depuis plus d’un mois maintenant. L’Adsum a eu l’occasion de discuter au téléphone avec le commandant de la FO-T pour les prochains mois, major Éric Beauchamp.

Issus d’unités du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), les membres de la roto 5 proviennent principalement du 1er Bataillon, Royal 22e Régiment (1 R22eR).

En attendant le premier exercice important qui se déroulera en Roumanie au début d’avril, les militaires du 5 GBMC se sont installés et ont pris part à de l’entraînement bilatéral avec l’armée polonaise. «Les exercices se tiennent dans un secteur comparable à celui de Wainwright», précise le Maj Beauchamp.

Les tireurs d’élite ont pour leur part eu la chance de s’envoler pour l’Estonie afin de s’entraîner avec leurs homologues estoniens. Il s’agit principalement de champs de tir et de maintien de compétences.  

Un partage de connaissances intéressant

Même si elles sont semblables en plusieurs points, les armées canadienne et polonaise possèdent tout de même des points forts qui leur sont propres.

Par exemple, l’Armée canadienne, perçue par les Polonais comme une armée très professionnelle, maîtrise parfaitement l’aspect des champs de tir et des manœuvres sur le terrain. Ainsi, lorsque les militaires canadiens mettent en pratique ce genre de situation avec les Polonais, ces derniers se montrent très réceptifs aux conseils de leurs collègues. «L’Armée polonaise apprécie beaucoup notre approche amicale et le fait que nous prenons le temps de bien expliquer nos méthodes», affirme le Maj Beauchamp.

Au même titre, les membres du 5 GBMC sont restés très à l’écoute lorsqu’est venu le temps d’aborder des situations avec un bataillon polonais spécialisé dans les attaques aéromobiles. Ils ont notamment sauté d’un hélicoptère d’assaut, un type d’aéronef que le Canada ne possède pas, à l’aide d’une corde avec pour objectif de prendre le contrôle d’une zone ennemie.

Un environnement familier

«C’est spécial à quel point on se sent comme chez nous. Sans tenir compte de la langue, qui n’a rien à voir avec ce qu’on est habitué d’entendre, ce n’est pas un pays très dépaysant. La population et l’environnement sont très semblables à ce qu’on retrouve au Québec», indique le commandant de la FO-T.

Cette réalité permet aux militaires canadiens de développer de belles relations avec les communautés locales, qui ouvrent grandes leurs portes. Ainsi, ces derniers s’imprègnent de l’ambiance, des saveurs et de l’histoire du pays. Ils peuvent même lâcher leur fou sur les terrains de soccer et de basketball rendus accessibles par les gens du coin.

«Comme la Pologne n’est pas un théâtre menaçant, nous avons la chance de laisser plus de liberté à nos gars. Ça aide à passer le temps plus rapidement. On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer», constate le commandant.     

Les ingénieurs font exploser un char d’assaut

Cinquante mètres dans les airs et 15 mètres de déplacement, c’est la distance à laquelle un char d’assaut a été propulsé par des ingénieurs affectés à la FO-T. Présents au polygone d’entraînement Drawsko Pomorskie, des ingénieurs du 5e Régiment du génie de combat (5 RGC) ont fait sauter un char d’assaut soviétique T-55 désuet.

«Tout a commencé quand le directeur du secteur, un Polonais, nous a mis au défi de faire tourner sur lui-même ce char, tout en respectant la quantité nette d’explosifs (QNE) permissible, chose qui n’avait pas été faite auparavant», raconte le sergent Patrick Létourneau, du 5 RGC. Afin de prouver que c’était possible, alors que le directeur de secteur pensait le contraire, les ingénieurs ont posé 42 kilogrammes d’explosifs sur la carcasse, alors que la QNE était de 60 kilogrammes. «Le char n’a pas tourné qu’une seule fois, il l’a fait une fois et demie avant de perdre sa tourelle avec l’impact au sol. J’avais déjà fait sauter un char dans le passé, mais cette fois, il s’agit d’un record personnel», admet le Sgt Létourneau.

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