Exercice INTENDANT TACTIQUE : Un premier exercice d’unité pour les aumôniers de la Base Valcartier

Agrandir l'image Les capitaines Eloi Gunn, Gary Cowper, Jean-Max Destiné et Breton se sont intégrés pour la première fois dans différents scénarios d’entraînement du 5 Bon Svc. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Ça ne s’était encore jamais fait. Du 16 au 21 avril, dans le cadre de l’exercice INTENDANT TACTIQUE sur la Base Valcartier, quatre aumôniers du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada prenaient part à leur premier exercice d’unité.

Le capitaine Eloi Gunn, padré du 5e Bataillon des services (5 Bon Svc), dont c’était l’initiative, le Capt Jean-Max Destiné, aumônier du 5 Bon Svc, le Capt Gary Cowper, stagiaire en aumônerie au Service du personnel, et le Capt Breton, aumônier, ont été intégrés dans différents scénarios d’entraînement du 5 Bon Svc créés spécifiquement pour eux.

Parmi ceux-ci, des troupes au sol ont trouvé un charnier. Il s’agit d’une fosse au fond de laquelle gisent des cadavres. Immédiatement, le commandant en place demande l’assistance des aumôniers pour agir comme leader spirituel. Au même moment, un imam local arrive sur les lieux et demande à prendre les corps. Comment doivent réagir les aumôniers dans une telle situation? Voilà une situation parmi d’autres qui ont été mises en pratique.

Autre scénario : à la demande d’un maire, l’aumônier doit prononcer un discours alors qu’une personne vient d’être atteinte d’une balle. Comme l’explique le padré Gunn, dans une telle situation, les militaires qui les accompagnent doivent vérifier si l’endroit est sécuritaire et veiller au transport et à l’accompagnement de l’aumônier.

«Sur le terrain, il faut être flexible pour savoir agir au moment opportun et sécuritairement. En temps réel, les aumôniers doivent s’insérer dans un conflit et faire leur travail sans que ce soit uniquement du soutien moral. C’était donc important pour nous d’être confrontés à des scénarios du genre», déclare padré Gunn.

«Plus que jamais, la présence des aumôniers se révèle importante dans les théâtres d’opérations. Non seulement prennent-ils soin des troupes, mais ils célèbrent des services religieux de toutes sortes et transmettent des recommandations à la chaîne de commandement. Ils sont également habilités à entrer en pourparlers avec les chefs religieux locaux. On comprend donc que leur participation dans un exercice ne se résume pas seulement à assurer un ministère de présence passive, mais bien à offrir un ministère de présence active», renchérit Capt Destiné.

Avant cet exercice, les aumôniers ne s’entraînaient que lors des montées en puissance. C’était une bien mince préparation pour d’aussi grands enjeux. En ce sens, le padré Gunn souhaite répéter ce genre d’expérience, «car les bénéfices sont considérables». Il envisage même de le faire avec d’autres unités dans le but de comprendre leurs méthodes, qui varient d’une unité à l’autre.  

«Les scénarios dans lesquels nous avons joué soulignent l’importance pour l’aumônier en mission de prendre en considération la sécurité, de se préparer à des imprévus et d’être prêt à intervenir auprès des membres dont le moral est affecté pour une raison ou une autre», ajoute Capt Destiné.

La sécurité avant tout

Avant de partir en théâtre, les aumôniers travaillent continuellement avec les officiers de renseignements et d’opérations.

L’objectif de ces démarches est d’analyser les enjeux religieux de la zone concernée par la mission, de connaître les ressources à portée de main, de planifier les déplacements et, s’il y a lieu, de faire une demande d’escorte.

Pourquoi être escortés? Parce que les aumôniers ne portent pas d’arme.

«Les aumôniers représentent l’idéal de la paix et de la non-violence dans un monde de chaos. Porter une arme irait à l’encontre de nos valeurs. C’est pour cette raison que nous faisons confiance aux gars. Advienne que pourra», confie le padré Gunn.

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