Maladie de Lyme : Bien comprendre les risques

Agrandir l'image Les tiques sont des arthropodes de très petite taille qui, aux stades d’adulte et de nymphe, possèdent huit pattes. Photo - Jim Gathany, Wikimedia Commons

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Bien qu'elle ne soit pas encore présente dans les environs de la Base Valcartier, la maladie de Lyme est en constante migration au Canada et le nombre de cas recensés est passé de 128 en 2009, à 707 en 2015.

Partie du sud de l'Ontario il y a 10 ans, la maladie est aujourd'hui présente notamment à Fernham, Kingston et ailleurs dans le sud de l'Ontario. Pourquoi est-il important de bien comprendre les risques de cette maladie? Parce que plusieurs militaires d'ici visitent ces endroits à l’occasion d’entraînements.

En ce sens, le journal a récemment rencontré un technicien en médecine préventive de la 5e Ambulance de campagne (5 Amb C), sergent Pascal Girard, pour bien comprendre la maladie et ses risques pour la santé, comment la prévenir et quoi faire en cas de piqures par la tique porteuse, la tique à pattes noires.

Pour commencer, il faut savoir que cette maladie dégénérative du système nerveux occasionne des problèmes en Amérique du Nord depuis un certain temps déjà. Elle migre avec les animaux qui transportent les tiques et la maladie, soit les chevreuils, les oiseaux, les lièvres et différents types de rongeurs. Les tiques ingèrent la bactérie en se nourrissant sur l’animal porteur et la conserve dans leur organisme. Le système nerveux de ces arthropodes est tellement simple qu’il est impossible pour eux de mourir.

La période à laquelle la maladie de Lyme se manifeste est environ de mai à septembre, tout dépendant de la température. Le Sgt Girard précise que cette période est variable selon la température. Les tiques sortent et sont actives lorsqu’il fait chaud. Elles peuvent même se manifester lors de périodes douces en hiver.

La transmission

Généralement cachées dans les boisés et les herbes hautes, pour passer à l’action, les tiques à pattes noires se positionnent sur les branches et se laissent tomber ou s’agrippent sur leur proie.

Une fois posée, la tique entre sa partie frontale dans la peau et sectionne les vaisseaux sanguins pour consommer le sang. La transmission de la bactérie n’est pas immédiate. Cela ne se fait pas avant au moins 24 heures. Après ce délai, la tique sécrète la bactérie par sa salive. En action, l’insecte peut devenir presque aussi gros qu’une pièce de 10 sous. Il est impossible pour l’humain d’être conscient de la présence d’une tique parce que cette dernière sécrète une substance qui insensibilise son action.

«Ce n’est pas toutes les tiques qui sont porteuses de la maladie et ce n’est pas parce qu’on est en contact avec une tique à pattes noires que nous avons immédiatement la maladie de Lyme», précise Sgt Girard.

Même si la tique est porteuse de la maladie, il est possible d’agir dans les premières 24 heures pour que les chances d’infections soient à moins de 1%.

Comment agir en cas de présence d’une tique

Pour les militaires, lorsque vous détectez une tique sur votre corps, il faut immédiatement aviser un technicien médical ou toute personne qui sait comment l’enlever. Si vous êtes dans le clos et que personne n’est à l’aise de le faire, il est primordial de se rendre à un centre de santé dans une fenêtre de 24 heures.

Ce qu’il ne faut absolument pas faire, c’est de tenter de retirer la tique en exerçant une pression sur l’abdomen. Cette réaction occasionne deux choses, tout ce qui a été siphonné par la tique entre dans le système de la proie, donc la maladie s’il y a lieu, et la tête de l’insecte reste dans la peau, ce qui provoque une infection et une plaie purulente.

«Dans un tel cas, même si ça faisait seulement une heure que la tique était sur la personne, les possibilités de contracter la maladie sont de 100%», ajoute Sgt Girard. 

Attention à la cible!

Le principal signe de la morsure d’une tique porteuse de la maladie de Lyme est l’irritation cutanée ressemblant à une cible. Si quelqu’un se fait mordre, la cible se forme sur la peau.

Par la suite, des symptômes tels des maux de tête, de la fièvre, de la fatigue, des spasmes, des engourdissements et des ganglions lymphatiques enflés sont signe d’une infection.

Si la personne affectée ne s’est toujours pas présentée à un médecin pour un traitement, les signes de dégénération s’entament. Il s’agit ici d’étourdissement, d’arythmie cardiaque, de douleur musculaire, de paralysie, de confusion mentale, de trouble neurologique et la mort.

«Plus on attend pour faire le traitement, moins les chances de s’en sortir sont bonnes», explique Sgt Girard.

Par contre, si traitée à temps, il est possible à 100% de s’en sortir par un traitement à l’antibiotique d’une durée de deux à quatre semaines.

Quoi faire pour prévenir une infection?

Dans les Forces armées canadiennes, tous les uniformes des militaires déployés dans des zones à risques sont traités à la perméthrine. De plus, il est primordial de porter une chemise à manches longues et un pantalon, entrer le bord du pantalon à l’intérieur des bottes, et la chemise, dans le pantalon. L’essentiel, c’est d’essayer de bloquer autant de points d’accès que possible. Pour les parties de peau à découvert, appliquez un insectifuge à basse de DEET.

Une fois sur le terrain, le Sgt Girard recommande aux militaires de se nettoyer aux 24 heures et d’inspecter minutieusement les articulations, la région inguinale, le derrière des genoux, les plis de coudes, les aisselles.  

«Inspectez-vous à chaque fin de journée. De cette façon, si vous découvrez une tique, vous savez que ça ne fait pas 24 heures qu’elle est sur vous. Par la suite, il faut aller voir une personne qui sait comment l’enlever et surveiller l’éventuelle apparition de symptômes», termine Sgt Girard. 

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