Le CIIS, un processus confidentiel

Agrandir l'image Plus de 1200 militaires étaient présent au CI 2 Div CA pour la séance d’information sur le CIIS. Photo - Cpl Nicolas Tremblay, Imagerie Valcartier

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Officiellement en action depuis le 15 septembre 2015, en réponse à l’examen externe sur l’inconduite sexuelle et le harcèlement sexuel dans les Forces armées canadiennes (FAC) dirigé par la juge à la retraite Marie Deschamps, le Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle (CIIS) constitue une ressource première, doté d’un mandat unique en matière de services de soutien aux membres des FAC affectés ou ayant vécu une expérience en matière d’inconduite sexuelle.

Voici le message principal qu’a lancé la directrice exécutive adjointe du CIIS, Nathalie Nault, lorsqu’elle s’est adressée aux 1200 militaires présents au Centre d’instruction de la 2e Division du Canada (CI 2 Div CA), le 31 mai sur la Base Valcartier, pour une séance d’information sur l’offre de service du CIIS.

«Il s’agit d’une première opportunité de rencontrer les commandants ainsi que les membres sur le terrain pour leur offrir une visibilité et surtout une bonne compréhension des services que nous avons à leur offrir», précise Mme Nault.  

À Montréal la veille, l’équipe du CIIS était en effet de passage dans la région du Québec afin de se présenter et de mettre de l’avant les méthodes employées lorsqu’un membre décide de faire appel à eux, en matière d’inconduite sexuelle.

En ce sens, la directrice exécutive adjointe explique qu’aucun processus n’est défini. L’équipe d’experts en inconduite sexuelle s’adapte en fonction des situations et plusieurs options sont ensuite ciblées, selon les besoins du membre affecté.

À quoi peuvent s’attendre les membres qui passent à l’action? Mme Nault soutient premièrement que toutes les démarches entreprises sont faites de façon confidentielle avec une option d’anonymat.

«Pour nous, maintenir la confidentialité, c’est primordial. On offre du soutien et on encourage les personnes qui ne se sentent pas confortables de faire appel à la chaîne de commandement, aux soins de santé ou à la Police militaire (PM), de faire appel à nos services pour s’assurer que leurs besoins soient comblés.» 

Une des méthodes utilisées actuellement est le «counseling» de soutien, un mécanisme sûr et confidentiel qui permet de parler de ce qui se passe dans votre vie sans que vous ne soyez jugé. Des conseillers (travailleurs sociaux, psychothérapeute, etc.), qui ont des connaissances sur les FAC, puisqu’ils y ont travaillé ou en ont même été membres, possèdent tous de l’expertise en lien avec les traumatismes sexuels. Ils sont d’une écoute attentive et évaluent les victimes selon leur comportement, leur niveau de traumatisme, leurs connaissances sur le sujet, la capacité d’identifier leurs émotions, et bien plus. Pour les personnes qui désirent porter plainte, le CIIS est en étroite collaboration avec plusieurs services, dont la PM.

Fait à noter, entre le 15 septembre et le 30 avril, le CIIS a reçu 347 appels. De ce nombre, 277 proviennent de membres des FAC, 32 sont entrés en contact avec la PM et 20 ont mené à des plaintes formelles. Lorsqu’une plainte est officiellement déposée, un processus d’enquête est enclenché.

Un modèle basé sur celui de l’Australie

Au moment de développer un plan d’action sur l’inconduite sexuelle, Mme Nault a accompagné la commandante du processus de l’époque, lieutenant-général Christine Whitecross, aujourd’hui Chef du personnel militaire, dans plusieurs pays. L’objectif de ces voyages était de faire des recherches et d’aller étudier les modèles déjà mis en place en matière d’inconduite sexuelle.

Comme l’a fait savoir Mme Nault, trois centres du genre existaient déjà : un en France, un aux États-Unis et un en Australie. Bien qu’elles aient tiré plusieurs leçons des différents modèles, c’est celui de l’Australie qui a été privilégié puisqu’il tablait sur l’expertise de travailleurs qui connaissent la réalité des militaires.

Évidemment, le CIIS ne cessera pas ses recherches et vise à améliorer son modèle opérationnel qui, pour l’instant, se dit préliminaire. Un modèle final devrait être en place en juin 2017. Parmi les améliorations, la directrice exécutive adjointe révèle que l’intention est de rendre les services disponibles 24/7, des rencontres face à face et confidentielles pourraient être offertes sur ou à l’extérieure de différentes bases. De plus, certaines recommandations pourraient permettre d’offrir de l’assistance dans les écoles de recrues, les collèges militaires et les centres de formation. Finalement, il est possible que l’accès au Centre soit élargi aux membres civils, aux vétérans, aux anciens membres et aux familles.

Répondez au sondage

Mis en branle le 21 avril, le Statistique Canada réalise actuellement un sondage à participation volontaire sur les comportements sexuels dommageables et inappropriés dans les FAC.

Lors de sa visite, Mme Nault a tenu à mettre l’accent sur ce dernier, et invite tous les membres à prendre quelques minutes pour y répondre.

Ce sondage permettra d’établir une base d’information vis-à-vis de l’inconduite sexuelle et de mieux comprendre l’étendue du problème.

Pour joindre le CIIS, veuillez téléphoner entre 7h et 20h au 1-844-750-1648 ou envoyer un courriel à l’adresse DND.SMRC-CIIS.MDN@forces.gc.ca.

 

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