SOLDAT PROPRE 2016 : La compagnie de décontamination se prépare pour les OÉNC

Agrandir l'image Un soldat tourne sur lui-même dans l’arche pour fixer le contaminant, le tout sous la supervision du personnel de la compagnie de décontamination. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Du 6 au 23 juin, dans le cadre de l’exercice SOLDAT PROPRE 2016, la compagnie de décontamination du 5e Bataillon des services (5 Bon Svc) a mis sur pied une ligne de décontamination approfondie sur le Camp Dubé, dans les secteurs d’entraînements, alors qu’un incident CBRN est venu mettre un terme à une opération d’évacuation de non-combattants (OÉNC) des membres du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR).

En effet, cette année, l’exercice SOLDAT PROPRE faisait suite à l’exercice CASTOR ANGLE, tenu à la fin mai, qui visait à préparer les membres du 2 R22eR en vue de leur mandat de Force opérationnelle interarmées en haute disponibilité pour les opérations d’évacuation des non-combattants (OÉNC), qui débutera dès juillet 2016.

L’objectif de l’exercice SOLDAT PROPRE 2016, qui incluait la participation de 115 militaires provenant du 5 Bon Svc, de la 5e Ambulance de campagne (5 Amb C) et du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR), était d’intégrer les soldats dans un exercice de décontamination approfondie en vue de leur mandat de la 2e Division du Canada à générer l’élément terrestre d’une capacité d’appui général de décontamination chimique, biologique, radiologique ou nucléaire (CBRN) optimisé pour les OÉNC.

Dans ce scénario de catastrophe CBRN, les soldats contaminés devaient passer par une ligne de décontamination approfondie.

Ligne de décontamination approfondie

Comme l’explique le commandant adjoint de la compagnie de décontamination du 5 Bon Svc, capitaine Pascal Bergeron, une ligne de décontamination approfondie est une unité qui s’assure que les soldats, leur équipement et les véhicules qui passent puissent être extraits le plus rapidement possible à la fin d’une mission qui subit un incident CBRN.

Il existe trois autres types de ligne de décontamination, la décontamination immédiate, la décontamination opérationnelle et la décontamination de clairance.

Dans ce scénario CBRN, les soldats contaminés étaient d’abord pris en charge par le personnel d’accueil. Avant d’avancer dans la ligne de décontamination, ces derniers devaient décharger leurs armes, déposer leurs grenades, etc.

Décontamination en plusieurs étapes

Tout dépendant de la condition des soldats contaminés, ces derniers doivent passer par plusieurs étapes de décontamination.

Tout d’abord, le personnel d’accueil détermine si les membres entrent par la ligne ambulatoire (capable de se mouvoir) ou non ambulatoire (pas capable de se mouvoir).

Ces derniers parviennent ensuite à la zone d’attente. À cet endroit, le personnel de la compagnie de décontamination établit les priorités.

Comme à l’hôpital, les soldats doivent procéder à l’administration pour l’identificationet le contrôle, et un numéro leur est assigné pour identifier leur matériel. Ce dernier est par la suite déposé dans différents bacs et placé dans des sacs de plastique pour ensuite être décontaminé dans une ligne de traitement séparée.

Vient ensuite le temps de décontaminer les personnes contaminées pour qu’elles retournent le plus rapidement possible à leur unité. Il y a la décontamination initiale. À ce moment, dans le cas d’un incident radiologique, une brosse est passée sur l’uniforme pour enlever les particules. La personne passe ensuite par un bassin d’eau savonneuse et lave ses bottes, ses gants et exécute un tour sur elle-même dans une arche pour fixer le contaminant. Si le soldat est blessé et déplacé sur une civière, c’est le personnel qui s’occupe de ces étapes.

Une fois cette étape terminée, il est temps de retirer l’équipement de protection individuelle (EPI) et d’enlever les objets personnels. Tout en conservant leur masque à gaz, les soldats enlèvent leurs vêtements et passent à la douche. Pour les blessés, ils doivent d’abord passer par le point de collecte de blessés pour que leur état soit stabilisé avant de poursuivre dans la ligne.

La dernière étape est de d’être examiné aux détecteurs pour s’assurer qu’aucun contaminant n’est encore présent. Les soldats peuvent ensuite enfiler de l’équipement propre et se diriger vers la tente d’évacuation pour la reconstitution de l’unité. Pour le personnel blessé, ils seront évacués.

Pour les véhicules, les étapes sont semblables. Il y a la zone de prélavage (enlever la bouette), la zone de décontamination (application du produit décontaminant), la zone de désagrégation (attendre la réaction du produit et changement de conducteur), la zone de rinçage et la zone de vérification.

Quelques nouveautés

Cette année, contrairement à l’an passé où tout se passait dans un espace restreint, le scénario s’est déroulé dans un environnement austère.

«C’est comme si on était déployé et que nous devions nous débrouiller avec les moyens du bord pour mettre en place un site fonctionnel», explique Capt Bergeron.

Ce genre de situation a d’ailleurs amené des contraintes comme aller puiser l’eau directement dans la rivière aux Pins à l’aide de pompes à essence. L’eau contaminée est ensuite récupérée dans des réservoirs.

Également, il y avait un centre de coordination CBRN (CC CBRN). Présent au niveau de la Brigade et en développement au niveau des unités, le CC CBRN est l’endroit où le personnel analyse la menace CBRN des troupes sur le terrain et recommande les actions à prendre au commandant. Il est ensuite en mesure de dire d’où les soldats arrivent, dans quelle situation ils se trouvent et combien ils sont. Cette capacité permet aux gens à l’accueil de la compagnie de décontamination de savoir à quoi s’en tenir lorsque les personnes contaminées arrivent. 

<< Retour à la page d'accueil