Opérations d’évacuation de non-combattants : Le 2 R22eR est prêt

Agrandir l'image Les soldats de la Force OENC sortent d’un aéronef et s’apprêtent à évacuer les civils. Photo - Cplc Kurt Visser, Affaires publiques des FAC

Par Simon Leblanc, Journal Adsum

Depuis le 1er juillet, et ce jusqu’en juin 2017, le 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR) représente la composante terrestre de la Force opérationnelle interarmées en haute disponibilité pour les opérations d’évacuation des non-combattants (OENC).

Au terme de deux importants exercices exécutés durant le mois de mai, CASTOR ANGLE, du 9 au 13 mai, à Valcartier, pour confirmer la compagnie B et exercer les soldats dans un environnement chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN), et MAPLE RESOLVE, du 21 au 25 mai, à Cold Lake en Alberta, le commandant sortant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est) (2 Div CA / FOI-E), brigadier-général Stéphane Lafaut, a confirmé le fait que les troupes étaient prêtes.

Ce mandat OENC, qui est en fait une tâche des Forces armées canadiennes (FAC) en soutien au ministère des Affaires mondiales du Canada, amène les militaires des FAC à évacuer des citoyens canadiens coincés dans une zone de conflit étrangère.

Dans le but de se préparer et de confirmer leur capacité à exécuter les tâches connexes à ce genre de mission, pas moins de 130 membres de la compagnie de commandement et de la compagnie B du 2 R22eR ont notamment pris part à l’exercice MAPLE RESOLVE, du 21 au 25 mai à Cold Lake.

Une force légère et agile

Lors de leur passage à MAPLE RESOLVE, les soldats de la force OENC ont pris part à un scénario qui reconstituait une évacuation dans un environnement incertain. Comme l’explique le commandant de la compagnie B du 2 R22eR, major Rodrigo DeCastro, il s’agit de l’un des trois types d’environnement où les soldats peuvent être appelés à travailler dans le cadre d’une OENC. Les deux autres sont permissifs (aucun danger) et non-permissifs (présence de danger).

Ainsi, déployés sur l’Île de l’unité (endroit fictif), les membres de la force OENC devaient évacuer des Canadiens, qui malgré eux, se sont retrouvés dans une zone de conflit où il y avait un risque d’engagement. Rapidement, ils prenaient contact avec les autorités consulaires, se familiarisaient avec le plan d’évacuation prévu et observaient les points de rassemblement et de collecte. Pour ramener les Canadiens au pays, les soldats devaient d’abord procéder à une reconnaissance des lieux afin de comprendre le contexte dans lequel ils se trouvaient. Dans le cas échéant, le plan comprenait l’insertion des troupes en hélicoptère, le triage des civils canadiens, l’extraction de ces derniers en Chinook CH-147 et le retour des aéronefs pour ramener les militaires restés sur place. Des autobus étaient également prévus au cas où un pépin aurait empêché les hélicoptères d’atterrir.

Pour assurer la sécurité tout en donnant une impression de calme, les soldats adoptent une formation spéciale lors d’une évacuation. Une partie d’entre eux, vêtus de leur uniforme de combat, forme un cordon de sécurité. Au centre, d’un air plus décontracté, des membres se chargent de prendre contact avec les citoyens canadiens.

«Dans un mandat OENC, il faut être capable de moduler sa posture rapidement, être coopératif, professionnel et faire preuve de courtoisie pour faciliter l’interaction avec les citoyens canadiens et les autorités en place», explique le commandant du 2 R22eR, lieutenant-colonel Gervais Carpentier. 

Il s’agit de l’un des nombreux défis auxquels a fait face le 2 R22eR à Cold Lake. Le Maj DeCastro a fait savoir en entrevue avec le journal que l’environnement de MAPLE RESOLVE représentait un défi au niveau des communications, des ressources, de la distance de déplacement, du temps et des règles d’engagements. 

«L’exercice MAPLE RESOLVE se voulait la confirmation des acquis et de la capacité opérationnelle en vue de la prise du mandat OENC. Répondre aux urgences dans des environnements souvent intenses et complexes nécessite un entraînement spécifique. Voilà pourquoi ce genre d’entraînement, incluant CASTOR ANGLE au début du mois mai, sont si utiles. Ils permettent d’augmenter l’efficacité opérationnelle des militaires et d’assurer l’excellence du Bataillon», précise Lcol Carpentier.

La force OENC se divise en un groupe de reconnaissance (72h de préavis), une compagnie d’avant-garde (cinq jours de préavis) et deux compagnies de réserve stratégique (sept jours de préavis), dont une provenant du 1er Bataillon, Royal 22e Régiment (1 R22eR). Aux troupes du 2 R22eR s’ajoutent une section d’ingénieurs du 5e Régiment du génie de combat (5 RGC), une équipe médicale de la 5e Ambulance de campagne (5 Amb C), quelques membres de la Police militaire (PM), une équipe de contrôleurs aériens avancés et d’observateurs du 5e Régiment d'artillerie légère du Canada (5 RALC). Les tâches de la force OENC sont ponctuelles et peuvent s’échelonner sur 12 jours. 

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