Projet de recherche sur les armes légères du futur: Des tests de lance-grenades menés à Valcartier

Agrandir l'image Douze tireurs du 1 R22eR participaient à des tests de lance-grenades, du 5 au 27 juillet, au champ de tir Léogâne de la Base Valcartier. Photo - Gracieuseté

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Après les viseurs pour armes légères qui ont été testés au mois de mai, voilà que l’Armée canadienne (AC) procédait à l’essai de combinaisons de lance-grenades et de viseurs du 5 au 27 juillet au champ de tir Léogâne de la Base Valcartier.

Ces tests ont été menés dans le cadre du projet de recherche sur les armes légères du futur (FSAR pour Future Small Arms Research en anglais), dirigé par Recherche et développement pour la Défense Canada (RDDC).

«Ces évaluations visent à définir les caractéristiques des lance-grenades et des viseurs testés, et à voir lesquelles permettent d’augmenter l’efficacité du soldat et d’améliorer le système actuel», explique l’officier de liaison au Centre de recherche de Valcartier pour RDDC, major Jules Vaillancourt.  

Pour y arriver, une douzaine de tireurs du 1er Bataillon, Royal 22e Régiment (1 R22eR) ont eu le mandat d’essayer deux viseurs (MR500 et Sword) et deux lance-grenades (Colt Eagle et M203) combinés de cinq façons différentes : M203 avec MR500, Colt Eagle avec MR500, Colt Eagle monté sur le fusil automatique C7 avec MR500, Colt Eagle sur C7 avec Sword et M203 sur C7. Ce dernier agencement est celui qui est actuellement utilisé par l’AC.

À l’aide de munitions d’entraînement, les soldats du 1 R22eR tiraient sur trois distances (150 m, 300 m et 750 m). Présente sur place, la compagnie privée Human Systems Incorporated (HSI), engagée par RDDC et spécialisée dans le facteur humain, accumulait les données des tirs. Ces données étaient ensuite regroupées dans un rapport pour être remises au directeur de projet du Programme des armes légères du Canada à Ottawa, major Philippe Rhéaume. «Ma responsabilité est de m’assurer de collecter la bonne information, de parler avec les utilisateurs pour connaître leurs besoins et de bien les représenter au sein de mon organisation», fait-il savoir.  

En effet, le rapport obtenu aidera le Maj Rhéaume à rédiger les énoncés des besoins opérationnels des soldats et de s’assurer, selon les données scientifiques, d’aiguiller adéquatement l’AC vers l’équipement qui répondra aux besoins sur le terrain. Cette décision fait cependant partie d’un processus complexe d’une durée de cinq ou six ans, qui part de l’identification du besoin jusqu’à la livraison de l’équipement.

«D’ici dix ans, l’AC verra sa flotte d’armes personnelles et collectives changer. Notre programme tend à trouver des options pour changer les armes légères. Un soldat qui s’enrôle aujourd’hui aura l’occasion de voir ces changements», précise le Maj Rhéaume.  

La dernière modification du genre au sein de l’AC est survenue en 1980. La durée de vie des armes actuelles, qui est de 35 ans de service en moyenne, dépasse largement l’espérance de vie de 20 ans habituellement attribuée à ces équipements.

«Ça veut dire que nous avons acheté le bon équipement à l’époque», renchérit le Maj Rhéaume, qui souhaite que les nouvelles acquisitions soient tout aussi durables.

Vers une nouvelle génération d’armes

D’une durée de trois ans, FSAR est un programme qui a pour objectif d’élaborer un énoncé des besoins, fondé sur des preuves scientifiques, concernant la nouvelle génération d’armes légères. Ce document servira ensuite à la Direction des besoins en ressources terrestres (DBRT), à Ottawa, pour l’établissement de son propre énoncé sur les besoins opérationnels. Le travail de RDDC aidera notamment les gens de DBRT à cibler les technologies matures et émergentes pour l’acquisition de nouvelles armes légères.

Quatre critères sont évalués dans le cadre du FSAR : la létalité des munitions, la clarté d’image dans le viseur, la précision et les facteurs humains.

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