L’importance de l’entraînement en tir réel

Agrandir l'image Entre 60 et 80 obus étaient lancés chaque jour pendant l’exercice BOMBARDE BORDÉE, tenu dans les secteurs d’entraînement de la Base Valcartier, du 21 au 27 novembre. Photo - Cpl Frédéric Belleau, QG 5 GBMC

Par Simon Leblanc, journal Adsum

L’Armée canadienne fait face à une force conventionnelle en pleine opération internationale. Plusieurs pays sont impliqués. Chaque corps de métier compte. Voici comment le 5e Régiment d'artillerie légère du Canada (5 RALC) tire son épingle du jeu.

Un observateur est positionné pour repérer l’ennemi. Il aperçoit du mouvement. Après vérification, c’est bel et bien un ennemi. Il fait part des coordonnées de la force belligérante sur le terrain au poste de commandement (PC) qui calcule la trajectoire de tir à effectuer. L’information est transmise aux batteries sur le terrain qui étaient attentives depuis plusieurs minutes. Les artilleurs reçoivent le message et s’activent immédiatement.

Tous ont un rôle bien précis à jouer pour accomplir la tâche. L’un entre le code des coordonnées dans l’ordinateur de l’obusier M777 pendant que ses collègues ajustent l’angle du canon. Un obus est chargé et poussé dans le tuyau avec une grande perche. La charge propulsive est déposée derrière le redoutable projectile. Le commandant de la pièce attend l’ordre de tirer. C’est fait, il crie «feu!». Sans tarder, un artilleur tire sur la corde et l’obus décolle. Une forte détonation se fait entendre. Le sol tremble sur des kilomètres de distance. Un second «boom!» retentit quelques minutes plus tard. L’obus explose et détruit sa cible.   

Utilisée en théâtre, cette séquence n’est que routine pour les artilleurs du 5 RALC. Ils doivent cependant la maîtriser à la perfection. C’est ce vers quoi tendaient les 230 membres de l’unité qui participaient à l’exercice BOMBARDE BORDÉE, du 21 au 27 novembre, dans les secteurs d’entraînement de la Base Valcartier.

Pendant sept jours, les artilleurs du 5 RALC se sont déployés pour exécuter un exercice de tir réel afin de valider l’instruction individuelle et de confirmer les habiletés de coordination des feux d’appui. Objectif ultime : qualifier les candidats de l’école régimentaire et procéder à de l’entraînement approfondi.

Entre 60 et 80 obus ont été tirés chaque jour pendant une semaine. Six obusiers M777 ont été employés. Plusieurs types de munitions ont été employés : explosives, brisantes, fumigènes et éclairantes. Il fallait maximiser le développement des compétences des artilleurs sur le terrain. Au risque de troubler la quiétude du voisinage, des tirs de nuit ont également été exécutés.

«Il faut être prêt à toute éventualité. Lorsqu’on tire la nuit, l’obscurité et la fatigue entrent en ligne de compte. Notre préparation est différente. C’est pourquoi il est important de s’exercer la nuit», explique le commandant du 5 RALC, lieutenant-colonel Francis Poitras.

En plus de s’exercer aux tirs d’appui, le scénario de BOMBARDE BORDÉE poussait les artilleurs à défendre leur position contre une attaque. Une dizaine de soldats se sont affairés à tester leurs techniques de défense.

Pour que la sécurité prime, plusieurs protocoles doivent être suivis. Avant de pouvoir entrer dans le rayon d’action du 5 RALC, il faut passer par une guérite où un membre de l’unité surveille les allées et venues. Près du site où se trouvent les canons, un barrage de barbelés est érigé et surveillé par des artilleurs armés.

Les artilleurs, pour berner l’ennemi, doivent constamment déplacer leurs positions de tir. Les batteries doivent donc remballer leur équipement, ranger les canons et transporter le tout d’une position à l’autre.

«L’artillerie est une cible de choix. C’est pourquoi nous devons nous déplacer souvent pour modifier notre position de tir et éviter de nous faire repérer», décrit Lcol Poitras. 

Pas de tir sans communications

Comme l’affirme l’officier responsable du PC régimentaire, capitaine Dave Tanguay, la communication est le nerf de la guerre pour le 5 RALC. Elle est assurée par plusieurs postes de commandement qui sont en charge des opérations, du soutien, des communications, de la maintenance et de l’administration.

- Il y a entre autres «le cerveau», c’est-à-dire le PC tactique. C’est de là que les batteries obtiennent leurs ordres de tir. Son personnel collecte les informations de la brigade et les transmet au personnel sur le terrain.

- Le PC régimentaire, alias le «centre névralgique». Les techniques d’artillerie, le maintien des compétences, les procédures des opérations, la coordination des tirs et la gestion de l’effectif, tout ça passe par le PC régimentaire. C’est à cet endroit qu’est gérée la discipline sur le réseau des communications pour que tout aille comme sur des roulettes.

- Le PC de détection et de surveillance. À cet endroit, du personnel s’occupe des observateurs sur le terrain et de l’équipement de détection comme le Raven B. Si un simple son est détecté, les membres du PC de détection font une triangulation pour détecter la provenance du bruit et son appartenance. Ils possèdent un radar de trajectoire des obus qui détecte aussi leur sifflement.

- Le PC 8 est l’endroit où tous les problèmes qui surviennent sont réglés. Son personnel établit le premier diagnostic des différentes situations (bris d’équipement, blessures, etc.) et s’en occupe immédiatement si possible. Sinon, il entame les démarches pour que ce soit fait. Plusieurs corps de métiers se retrouvent au PC 8.

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