Conférence et diffusion de message pour briser le silence entourant la santé mentale

Agrandir l'image Avec humour et énergie, le Dr Amir Georges Sabongui a donné une conférence pour lutter contre la stigmatisation associée à la santé mentale. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

La 2e Division du Canada (2 Div CA) a invité le Dr Amir Georges Sabongui à prononcer une conférence le 23 janvier à la Base Valcartier et le 25 janvier sur les garnisons de Montréal et Saint-Jean-sur-le-Richelieu. C’était une façon pour la Division de réaffirmer son soutien envers la lutte contre la stigmatisation encore associée à la santé mentale, à l’occasion de la campagne «Bell Cause pour la cause».

Intitulée Diamant ou poussière : comment briller sous pression tandis que d’autres s’effondrent, la conférence donnait des conseils et des outils pratiques pour maîtriser le stress et retrouver son énergie et sa passion au quotidien.

Le Dr Sabongui a su capter l’attention de l’auditoire avec sa passion et son humour. Ce spécialiste en psychologie et en leadership organisationnel a également servi pendant 12 ans comme officier de la Marine royale canadienne.

Le conférencier a expliqué comment il est possible de contrôler les images provenant du cortex visuel, cette partie du cerveau qui traite l’information visuelle. Des situations vécues sur le terrain peuvent s’imprégner dans le cortex visuel et laisser des cicatrices qui se manifestent ensuite par le stress.

«Au moment du stress, il faut faire preuve de vigilance et apprendre à le gérer. Se ressourcer et éviter d’en faire trop sont des trucs qui aident à la gestion du stress», conseille le Dr Sabongui.

Dans les statistiques frappantes qu’il a divulguées au cours de la conférence, plusieurs se rapportaient aux troubles de santé mentale. De nos jours, la population en général a augmenté de 10 % à 20 % ses activités professionnelles, c’est-à-dire d’une à deux heures de plus par jour. Résultat : les heures de sommeil diminuent. Aujourd’hui, on ne dort en moyenne que six heures par nuit.

Selon le Dr Sabongui, ce désir de performance professionnelle et personnelle entraîne des conséquences sur la vie sociale et familiale. Le temps passé avec la famille et les amis en souffre. En 1976, un repas familial durait en moyenne une heure 16 minutes. En 2006, ce temps a fondu pour atteindre un maigre 16 minutes… Il faut dire que la population ne mange pas toujours à la maison, puisque 31 % des repas consommés aujourd’hui aux États-Unis le sont en voiture; au Canada, cette statistique est de 26 %.

Ces mauvaises habitudes de vie contribuent à l’augmentation du taux d’invalidité pour blessures psychologiques dans la population, qui est passé de 7 % en 1990 à 70 % en 2015. La dépression est la première cause d’invalidité. Des études indiquent qu’une personne sur cinq souffrira de dépression dans sa vie.

Comment déceler un risque de trouble de santé mentale? Il existe des signaux d’alarme : une tension accrue, des troubles digestifs, le grincement des dents ou le serrement de la mâchoire involontaire, l’insomnie et la fatigue, l’essoufflement sans raison valable, les mains et les pieds froids, des tremblements, un manque d’équilibre et des infections comme la grippe ou le rhume plus fréquentes.

Tous appelés à faire tomber les barrières

Tout au long de la journée du 25 janvier, de hauts dirigeants militaires et politiques ont livré des messages en matière de santé mentale. «Nous avons accompli de grands progrès, mais beaucoup de travail reste encore à faire. Nous avons la responsabilité collective d’être sensibles aux problèmes de santé mentale et d’y remédier aussitôt qu’ils se manifestent», a indiqué dans un message interne le brigadier-général Hercule Gosselin, commandant de la 2 Div CA et de la Force opérationnelle interarmées Est.

Quant au chef d’état-major de la Défense, général Jonathan Vance, il a souligné l’importance que la conversation sur la santé mentale demeure ouverte et transparente. «Même si vous n’avez pas vécu la maladie mentale, nous sommes tous touchés par cette réalité, directement ou indirectement» a-t-il fait valoir.

De leur côté, Harjit Sajjan et Kent Hehr, respectivement ministre de la Défense nationale et ministre des Anciens Combattants, ont rappelé que «les militaires et vétérans des Forces armées canadiennes et les membres de leur famille ont fait d’énormes sacrifices pour que le reste d’entre nous puissent vivre en paix et en sécurité. Nous reconnaissons que le service militaire peut avoir un impact sur la santé mentale, et quand une personne souffre, cela peut affecter non seulement les membres de sa famille, mais aussi l’ensemble de sa communauté».

La participation de la population canadienne à la Journée Bell Cause pour la cause s’est traduite par 131 705 010 interactions, permettant d’amasser un montant de 6 585 250 $ pour la santé mentale au Canada.

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