Op LENTUS 2017 : Dans la peau d’un aumônier

Agrandir l'image Le Capt Louis Mathieu, le Capt Stephan Wagner, et le Capt Sébastien Morrissette, se sont assurés du bien-être de leurs troupes tout au long de l’opération LENTUS 2017. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Quand vient le temps de parler du moral des troupes, personne n’est mieux placé que les aumôniers. Leur rôle est de s’assurer que tous se portent bien, et ce, 24 heures sur 24. C’est ce que les quatre aumôniers de la Base Valcartier déployés lors de l’opération LENTUS 2017 ont fait.

Le journal Adsum a rencontré les quatre padrés qui suivent pour qu’ils puissent partager leur expérience de ce mois intense passé sur le terrain : capitaine Sébastien Morrissette (5e Régiment d'artillerie légère du Canada), capitaine Stephan Wagner (1er Bataillon, Royal 22e Régiment), lieutenant de vaisseau Sébastien Dupont (2e Bataillon, Royal 22e Régiment) et capitaine Louis Mathieu (12e Régiment blindé du Canada).

Rassurer la population

Dès qu’ils ont mis les pieds dans la région où ils étaient déployés, les aumôniers ont commencé leur travail. Première étape, rassurer la population. Ce boulot s’effectue avec des spécialistes en santé mentale, des pompiers et des policiers, explique le Capt Wagner. Avec leur aide, les aumôniers font du porte à porte dans les secteurs critiques et s’efforcent de calmer les citoyens.

«On se doit d’agir comme une présence rassurante. Comme padré, notre rôle est de représenter l’armée et de dire qu’on est là pour aider», précise le Capt Wagner. Alors qu’il ramassait des poches de sable à Saint-Placide, une dame en sanglot s’est approchée de lui, cherchant de l’aide. Sa maison était perdue, complètement inondée. Le padré du 1 R22eR a conduit la pauvre dame en G-Wagon jusqu’à la mairie, pour la confier aux bons soins des autorités civiles, et a veillé à ce qu’on s’occupe d’elle. 

En faisant le tour des paroisses et des églises de la communauté, les aumôniers tâtent le pouls de la population. L’aumônier principal du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, major Jean-Guy Morin, soutient que cette méthode correspond à une nouvelle façon de travailler développée par l’aumônerie, celle d’entrer en relation avec les leaders religieux du milieu dans lequel les militaires doivent opérer.

«Ces personnes connaissent leur communauté. Elles y sont établies depuis longtemps et savent reconnaître les besoins. Étant nous-mêmes des personnes religieuses, nous pouvons établir un lien et obtenir de l’information pour prévenir la chaîne de commandement et sensibiliser les militaires à certaines situations», raconte-t-il.

Le moral des troupes : une priorité

Lorsque les aumôniers parlent de motiver les troupes, le mot clé est la résilience. Tous s’entendent pour dire qu’il est important de travailler sur tous les aspects de la vie des personnes pour qu’elles soient aptes à accomplir le travail.

Dans un premier temps, les padrés reconnaissent l’importance de mettre la main à la pâte, ce qui leur permet de gagner la confiance et la reconnaissance des militaires. De petits gestes tout simples peuvent faire la différence. À titre d’exemple, le padré Dupont a distribué des bouteilles d’eau et des mots d’encouragement. Il a fait circuler un sac de bonbons dans une chaîne de sacs de sable, ce qui a remonté instantanément l’humeur des soldats.

«Notre présence sur le terrain est rassurante pour la troupe. On est là pour démontrer que quelqu’un s’occupe de la personne en dessous de l’uniforme», mentionne Ltv Dupont. Le padré Wagner renchérit en affirmant qu’il est primordial de s’occuper de tout le monde, même des commandants : «C’est ça notre travail. Il faut garder un œil sur tout, et ce, jusqu’à la chaîne de commandement. C’est à nous, les padrés, de suggérer aux commandants de prendre une pause, de se reposer et de revenir en force plus tard.»

Organiser des activités pour décompresser

Vers la fin du déploiement, les troupes ont eu droit à une accalmie en certains endroits. Les aumôniers ont donc cherché à les occuper pendant ces moments plus tranquilles.

Messe et visite guidée au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap de Trois-Rivières, tournoi de ping-pong, joutes de hockey et de baseball, diffusion des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey ou cinéma improvisé. Tous les moyens étaient bons pour permettre aux troupes de décrocher un peu de l’opération.

«Les temps de repos et d’attente étaient parfois difficiles. Il n’y avait pas beaucoup de moments pour se distraire. Il fallait donc trouver des activités pour aider les militaires à reprendre leur souffle et leur changer les idées. Peu importe ce qu’on organise, ce qu’on veut créer comme sentiment, c’est qu’il est possible d’avoir un peu de temps pour soi malgré le rythme élevé des opérations», clarifie le padré Morrissette.

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