Jeux Invictus 2017 à Toronto: une rencontre sportive pour 550 militaires blessés

Agrandir l'image Les co-capitaines de l’équipe Canada des Jeux Invictus 2017, major Simon Mailloux et Natacha Dupuis Cplc(vet), alors qu’ils lançaient le décompte un an avant le début des Jeux qui se tiendront du 23 au 30 septembre à Toronto.

Par Édouard Dufour, journal Adsum

Une délégation comptant 90 militaires canadiens représentera les couleurs du pays lors des prochains Jeux Invictus. Cette compétition est l’occasion de souligner la résilience des militaires ayant subi en service des blessures physiques ou mentales. 

En mai 2016, le prince Harry, initiateur de la Fondation des Jeux Invictus, a annoncé que Toronto serait l’hôte des prochains Jeux. Cette année, l’événement accueillera plus de 550 militaires. Il s’agit d’hommes et de femmes blessés provenant de 17 nations alliées. Ces athlètes concourront, du 23 au 30 septembre, dans pas moins de 13 sports adaptés.

Les Jeux Invictus ont le mandat d’utiliser les bienfaits du sport afin de favoriser le rétablissement de ceux et celles ayant servi leur pays. L’objectif de cette joute sportive est aussi de susciter une meilleure compréhension à l’égard de la réalité des militaires blessés.

Cheminement unique

Le major Simon Mailloux, membre du 1er Bataillon, Royal 22eRégiment (1 R22eR), participera au Jeux Invictus à titre de co-capitaine. C’est en 2007, lors d’un déploiement en Afghanistan, que le Maj Mailloux a subi de graves blessures nécessitant l’amputation de sa jambe gauche en dessous du genou. À peine deux ans plus tard, il reprenait le chemin de l’Afghanistan aux côtés de ses frères et sœurs d’armes. «On se devait de continuer la mission et de faire une différence», explique-t-il, concernant son déploiement en Afghanistan. Il souligne aussi «la soif de vivre et le désir de vaincre» démontrés par les militaires canadiens blessés au combat.

Le Maj Mailloux ajoute que certains étaient au début «sceptiques» quant à ses capacités de retourner au combat, mais aussi qu’un «important changement de perception» s’est opéré grâce à des initiatives comme les Jeux Invictus et ceux de Londres.

En plus de participer aux épreuves de course à pied du 100, 200, 400 et 1500 mètres, tout en concourant dans l’épreuve de volleyball, le co-capitaine de l’équipe canadienne souhaite «rassurer les autres et faire preuve de leadership» lors de cette compétition. Le Maj Mailloux s’entraîne pour sa part intensivement. Il peaufine sa technique de course grâce aux conseils de moniteurs des PSP. L’athlète complète son entraînement à la piste de course du Pavillon d’éducation physique et des sports de l’Université Laval (PEPS). Ce membre du 1 R22eR peut également compter sur le soutien de sa famille puisque sa femme et sa fille l’accompagnent régulièrement lors de ses entraînements de course.

L’équipe canadienne arrivera fin prête pour les Jeux Invictus grâce à deux camps d’entraînement qui ont eu lieu à Kingston et en Colombie-Britannique.

Impact du sport

Le Maj Mailloux rappelle que les Jeux Invictus ne sont pas une compétition axée uniquement sur l’obtention de médailles. Le dépassement de soi est plutôt l’objectif. «Souvent, les gens en réadaptation sont trop concentrés. Le sport permet de s’amuser et d’oublier notre limitation. On se voit alors plus comme un athlète qu’un patient» témoigne l’athlète.

C’est en 2013, en pleine préparation en vue d’un déploiement en Haïti, que le caporal-chef Isabelle Boutin, alors membre du 2eBataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR), a souffert d’une limitation médicale d’importance affectant sa santé. Ces événements se concluant par une libération de l’armée mirent brusquement un terme à sa carrière militaire. Elle a alors surmonté une période initiale de «désarroi et de solitude» reliée au fait d’être soudainement éloignée de ses collègues et amis militaires. Grâce à ses propres efforts et à l’assistance de son mari, Isabelle Boutin a remonté avec force et résilience cette pente difficile. «C’est souvent face aux grosses épreuves de la vie qu’on voit qui reste à nos côtés. Dans mon cas, j’ai été chanceuse», explique-t-elle, concernant le soutien indéfectible de son mari dans sa lutte menée contre le cancer.

Isabelle Boutin participera aux épreuves de cyclisme et d’athlétisme des Jeux Invictus. Seulement dans le volet cyclisme, elle fait cinq entraînements intensifs par semaine, chacun d’une durée de deux heures. «Le sport m’a permis de retrouver l’esprit de famille des Forces en compagnie d’autres militaires! Moralement, ça a été salutaire pour moi», témoigne-t-elle.

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