Une première au 430 ETAH : une femme au poste de mitrailleur de porte

Agrandir l'image Le caporal Alexandra Roy a sauté sur l’occasion d’exercer la fonction de mitrailleur de porte pour une période de deux ans.

Par Édouard Dufour, journal Adsum

La carrière du caporal Alexandra Roy a pris une tournure des plus inattendues. Elle qui avait auparavant les pieds solidement ancrés au sol, à titre d’ingénieur de combat au 5 e Régiment du génie de combat (5 RGC), opère maintenant en plein ciel une mitrailleuse C6, à bord d’hélicoptères de type Griffon.

«Les door gunners précédents sont revenus d’Irak. Ils ont alors commencé à planifier l’arrivée des nouveaux», explique le Cpl Roy au sujet de cette fonction pouvant être octroyée, pour une durée maximale de deux ans, aux militaires exerçant un métier de combat. «Quand on m’a proposé ce travail, je ne voulais absolument pas manquer cette opportunité unique», explique-t-elle, tout en mentionnant qu’elle souhaiterait être déployée en théâtre d’opérations comme en Irak où se déroule l’opération IMPACT.

Un test de santé, de nombreuses formations théoriques et des heures intensives de pratique en vol sont nécessaires afin de maîtriser pleinement les habiletés de mitrailleur de porte, plus couramment désigné par son appellation anglaise, door gunner. Après sept mois de formation continue, Alexandra Roy détient déjà à son actif plus de 140 heures de vol.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer cette capacité? Selon le Cpl Roy, il faut être en mesure de «s’adapter rapidement et de faire preuve d’un désir d’apprendre».

En situation de combat, le mitrailleur de porte se doit d’engager, au meilleur de son jugement, la menace ennemie. Pour ce faire, il dispose d’une puissance de feu pouvant atteindre une cible située jusqu’à une distance de 800 mètres. «Une balle rouge sort à toutes les quatre balles, pour nous indiquer si nous avons le bon angle de tir», précise le Cpl Roy.

Les mitrailleurs enfilent toujours deux épaisseurs de vêtements, afin de se prémunir du feu. Ils sont aussi munis d’un casque branché directement aux radios de l’appareil. Un solide harnais les attachant à l’appareil les préserve d’une chute fatale.

Au combat

Les aptitudes des mitrailleurs de porte sont principalement requises pour assurer la sécurité et la protection des troupes au sol en cas d’infériorité numérique face à l’ennemi. Le Cpl Alexandra Roy indique qu’il ne s’agit pas d’une capacité pour attaquer l’ennemi de front. «Le Griffon est très polyvalent pour insérer des troupes et le transport de matériel. Les CF-18 du Canada et les hélicoptères Apaches des États-Unis peuvent se charger des offensives de grande envergure. L’aviation est une alliance de plusieurs éléments», ajoute la militaire.

Les responsabilités attachées à cette fonction sont grandes. «Si on atterrit dans une zone de débarquement restreinte entourée d’arbres, on doit s’assurer qu’il n’y aura pas d’autres obstacles et toujours demeurer en contact avec l’équipage. Il y a aussi tout un langage à apprendre», témoigne le Cpl Roy, faisant référence à la terminologie propre à l’aviation royale canadienne.

Place aux femmes

Étant la première femme à occuper ces fonctions, le Cpl Roy souligne le travail de recrutement effectué par les Forces armées canadiennes auprès de la gent féminine. «Que l’on soit un homme ou une femme, l’armée ne peut malheureusement pas convenir à tout le monde. Pour une femme, l’important c’est d’être fonceuse, de se faire confiance et de ne pas penser que c’est impossible de se joindre aux Forces» lance, convaincue, le Cpl Roy. Celle-ci est cependant d’avis qu’une «plus grande représentation des modèles féminins» pourrait inspirer plusieurs jeunes femmes à joindre l’armée. «Il y a un nombre impressionnant de métiers offerts pour plaire à tous les goûts!», conclut-elle, souriante.


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