Un succès technologique méconnu au 430 ETAH

Agrandir l'image Aux commandes du simulateur, le Capt Isabelle Labonté et son collègue, le Capt Jean-Daniel Demers, maintiennent une communication constante et un niveau d’attention élevé.
Par Édouard Dufour, journal Adsum

La puissance de cette bête technologique est telle qu’il faut une salle entièrement constituée de processeurs et de câblages pour contenir sa mémoire. Retour sur l’ambitieux projet de simulateur, peaufiné depuis 2014, par le 430e Escadron tactique d’hélicoptères (430 ETAH).

La particularité du système est qu’il peut produire sur demande des scénarios en fonction des besoins opérationnels du moment et de ceux envisagés dans le futur. «Les possibilités sont infinies!», soutient Pierre Picard, technicien assurant le bon fonctionnement du simulateur.

Ce système de simulation a comme mandat d’immerger les pilotes et les tireurs dans un environnement d’un réalisme surprenant. Ils peuvent mettre en pratique l’ensemble de leurs procédures de vol en prenant place dans l’une ou l’autre des structures informatisées répliquant l’habitacle de l’hélicoptère CH-146 Griffon. Les pilotes font voler leur appareil dans la réalité virtuelle proposée au moyen des écrans surdimensionnés du simulateur. Les tireurs enfilent quant à eux des casques dont les lunettes sont équipées de la technologie de réalité augmentée.

La Défense nationale fait appel à des entreprises spécialisées afin de produire le relief des images et de composer des paysages variés, tels que des zones montagneuses, urbaines ou nautiques. De par leur disposition et leur taille, ces éléments reproduisent la réalité avec une fidélité remarquable. Des effectifs ennemis représentant une menace imminente peuvent également être insérés dans les scénarios, de même que des troupes alliées.

Des pilotes satisfaits

Toutes les simulations peuvent être enregistrées à des fins pédagogiques. «En situation réelle, nous ne pouvons pas corriger une erreur. Grâce au simulateur, on peut en prendre acte et recommencer notre manœuvre», explique le capitaine Jean-Daniel Demers, pilote et membre du 430 ETAH. Il ajoute que la procédure d’armement du système de défense, ainsi que les informations concernant les bris sur l’appareil et la consommation d’essence, sont disponibles grâce au panneau de contrôle informatisé du simulateur. Le capitaine Isabelle Labonté, également pilote, explique pour sa part que le simulateur permet aux pilotes d’économiser les précieuses ressources que sont le temps et l’argent. «Si on a une mission qui s’annonce dangereuse, nous allons pouvoir la pratiquer avec les mêmes menaces et les mêmes partenaires», ajoute-t-elle.

«On peut recréer quelqu’un qui tire sur eux, mais aussi un bris d’équipement. Lorsque les deux moteurs de leur appareil sont soudainement coupés en plein vol, au-dessus de l’océan, leur aptitude décisionnelle sera mise à l’épreuve», affirme le technicien Pierre Picard.

En trois ans, plusieurs améliorations ont bonifié ce simulateur évolutif. À l’origine, seule la section avant de l’appareil était visible. De nouvelles caméras, plus puissantes que les précédentes, ont complété les ajouts.

Mission coopérative

Aux fonctionnalités du simulateur s’ajoute la possibilité de jumeler en direct les utilisateurs des simulateurs des bases de Valcartier, de Gagetown et d’Edmonton. Six appareils peuvent alors voler en groupe dans cet univers virtuel, grâce à l’unification du réseau de la Défense nationale. Ce scénario peut s’échelonner sur une durée d’une semaine. Aux dires des pilotes Labonté et Demers, ce genre d’exercice complexe est idéal pour peaufiner «les protocoles et les modes de communication entre les pilotes». «On doit absolument utiliser un jargon précis dans la cabine, entre pilotes, mais aussi avec les autres appareils. Tout doit être exécuté au bon moment», explique le Capt Jean-Daniel Demers, concernant les subtilités du pilotage.



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