Simulation ultra-réaliste : le 1 R22eR prend d’assaut l’hiver ET l’ennemi

Agrandir l'image Le peloton antichar tenait le rôle de l’ennemi, identifié par un brassard rouge.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Les nuits glaciales, les précipitations de neige et les vents violents sont des facteurs pouvant grandement complexifier une expédition en forêt. Ajoutez la présence d’une menace ennemie qui avance dans l’ombre, et vous aurez les bases du scénario qu’ont expérimenté les membres du 1er Bataillon, Royal 22e Régiment (1 R22eR), au cœur de la MRC de Rivière-du-Loup, du 5 au 9 février.

«Avec cet exercice hors base, l’objectif est de sortir nos membres de leur zone de confort, c’est-à-dire des secteurs de la base de Valcartier», confie d’entrée de jeu le major Alexandre Hottin, commandant de la compagnie B du 1 R22eR, responsable de l’organisation de cette simulation. Environ 140 soldats du 1R22eR ont mis en pratique leurs techniques de survie en hiver, tout en simulant des manœuvres offensives dans les municipalités de L’Isle-Verte et de Saint-Paul-de-la-Croix. Il s’agissait d’un exercice de compagnie incluant trois pelotons appartenant au 1 R22eR.

Le mandat des troupes était clair : effectuer des patrouilles de reconnaissance à pied, de jour comme de nuit, et mener à terme une attaque délibérée visant la neutralisation totale d’un groupe ennemi, une poche de résistance personnifiée pour l’occasion par les membres du peloton antichar du 1 R22eR. «Contrairement à d’autres exercices, l’ennemi est dynamique et très interactif. Il a ses propres objectifs, des plans de contingence et d’attaque, un système de ravitaillement, mais surtout une volonté propre de survivre!», détaille le Maj Hottin. Celui-ci ajoute que le peloton ennemi détenait une puissance de feu considérable, puisqu’il disposait d’un armement antichar. La mobilité de ce dernier était aussi assurée par des motoneiges et quelques véhicules de type 4x4. Pour des impératifs de sécurité, des brassards rouges identifiaient les opposants et seules des balles à blanc étaient utilisées.

Survie en hiver

La qualification de guerre hivernale des troupes était un autre volet de cet exercice. Celui-ci comportait plusieurs heures de formation théorique, mais aussi une épreuve de survie. «Occuper et vivre dans une cache, fabriquer une tranchée hivernale et un abri de fortune formé de sapinages et d’amas de neige» ont été exigés des membres. Les compétences des troupes en motoneige, en ski et en raquettes ont aussi été approfondies. Les règles de discipline en ce qui a trait à l’atténuation des sons et de la lumière du campement, dans l’optique de «demeurer invisible à l’œil de l’ennemi», ont aussi été observées avec soin.

«Cet exercice d’une grande ampleur a nécessité beaucoup de préparation pour le poste de commandement de ma compagnie, incluant des rencontres avec les propriétaires des terrains, les représentants de la Sûreté du Québec (SQ), les mairies de la MRC, les services d’incendie, les services de santé, et j’en passe», relate le Maj Hottin. À la conclusion de l'exercice, la population de la région a été invitée à venir rencontrer les troupes et à examiner un véhicule blindé.

«En ce qui concerne la guerre en hiver, le Canada se compare favorablement aux autres pays. Les Forces armées canadiennes s’entraînent annuellement dans ce type d’environnement. Malgré les difficultés reliées à cette opération hivernale, le fait de compléter une patrouille de 36 heures dans ce genre de conditions climatiques est un accomplissement en soi. Nos tactiques et nos procédures sont bonnes, notre équipement n’est pas le plus récent, mais il est bien entretenu. Comme on dit en bon québécois : il fait la job!», conclut avec entrain le Maj Alexandre Hottin.

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