Le capitaine Véronique Jacques partage son expérience lors d’une conférence provinciale

Agrandir l'image Le Capt Véronique Jacques savait, dès son plus jeune âge, qu’elle voulait se joindre au FAC.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Le capitaine Véronique Jacques, officier de génie de combat dans les Forces armées canadiennes (FAC), était l’une des 27 personnalités inspirantes invitées à la Journée UNIS, le 23 février à Montréal. À cette occasion, des conférenciers ont pris la parole devant 2000 jeunes et leurs enseignants pour leur parler de façons de créer un changement social, de mobiliser les autres et de transformer des vies.

Le Capt Jacques a livré un témoignage senti devant une assistance comble, au théâtre St-Denis. Elle a commencé par l’importance de son choix de carrière. «Depuis que je suis petite, je sais que je veux aider les autres. J’ai d’abord voulu être professeure, puis avocate. Jusqu’à ce que je découvre les FAC et le métier d’ingénieur de combat. À partir de là, je savais ce que j’allais faire dans la vie, même si le chemin n’était pas facile.»

Elle a expliqué que son attitude positive lui a permis de se démarquer dans l’exécution de fonctions traditionnellement occupées par des hommes. «Il ne faut jamais se laisser abattre quand on croit en ce qu’on fait, il faut prendre sa place et démontrer qu’on est capable de réaliser ses rêves. Je suis fière du chemin que j’ai parcouru (…). On n’est que 2,6 % de femmes dans les métiers de combat de la Force régulière» a-t-elle précisé.

En mission

Le Capt Jacques a aussi abordé son déploiement au Soudan du Sud, en 2015. Elle était à ce moment-là la seule femme canadienne à participer à la mission de maintien de la paix des Nations Unies. «Notre mission consistait à observer et à rapporter ce que nous voyions, dont les violations des droits de la personne. On devait aussi protéger les civils, fournir de l’aide médicale et soutenir les négociations pour la fin des hostilités» a-t-elle expliqué.

Elle a ajouté que le fait d’être une femme lui a permis de faciliter les échanges avec certaines personnes au cours de cette mission. «J’ai pu parler aux femmes locales sans restriction; elles n’avaient pas peur du jugement et elles se confiaient à moi. J’ai pu rapidement obtenir de l’information importante sur les atrocités commises dans la communauté», a relaté le Capt Jacques devant une assistance captivée.

Véronique Jacques a décrit la situation alarmante qui prévaut au Soudan du Sud, plus jeune pays au monde plongé dans un état de crise. «La situation est similaire au génocide du Rwanda en 1994. La famine ravage le pays; il y a des guerres ethniques; des villages entiers sont brûlés; les garçons sont vendus comme enfants-soldats et les filles sont vendues pour être mariées. Là-bas, on mesure la richesse d’un homme au nombre de femmes qu’il a», a rapporté le Capt Jacques.

Philosophie

Pendant sa mission, Véronique Jacques a aussi découvert sa «sensibilité face à la vraie misère», ce qui a transformé sa vision des choses. «J’ai compris la chance que nous avions de vivre au Canada et tout ce qu’on oubliait d’apprécier comme notre accès à l’eau, à l’éducation et au bonheur», a alors évoqué la militaire.

«Je suis contente de pouvoir faire une différence directe dans la vie des gens dans le besoin; même si je me sens parfois impuissante quand je vois l’ampleur de la misère dans certains pays. La génération UNIS me donne cependant espoir d’un monde meilleur!» a conclu, sur une note positive, le Capt Jacques

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