L’expertise de vétérans au cœur de simulations ultra-réalistes

Agrandir l'image Figurants, militaires et véhicules sont déployés lors des simulations pour offrir une expérience d’entraînement des plus immersives.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Voilà maintenant un an que des vétérans des Forces armées canadiennes (FAC) et de différents services de police ont uni leurs efforts afin de créer la coopérative de solidarité Solution force rouge. L’entreprise propose à sa clientèle des simulations réalistes et des scénarios élaborés par d’anciens militaires.

C’est Martin Laperriere qui a eu l’idée de fonder Solution force rouge en 2016 lorsqu’il a pris sa retraite des Forces armées canadiennes (FAC). Le vétéran compte 25 ans de service dans l’armée, dont 12 ans d’infanterie et plusieurs autres au sein du Renseignement au 3e Bataillon, Royal 22e Régiment. «À mon départ des Forces, j’avais l’impression d’arrêter avant la ligne d’arrivée», confie M. Laperriere. Après avoir sondé l’intérêt de plusieurs personnes dans une situation similaire à la sienne, le militaire à la retraite a décidé de rallier l’expertise de ses camarades et de passer à l’action.

En quelques mois, Solution force rouge est devenu un fournisseur officiel de services du gouvernement fédéral, en plus de bâtir des partenariats avec le Centre de simulation médicale et tactique de l’est (CSMTE) et ST/OPS Canada, une organisation professionnelle orchestrant de larges simulations testant les aptitudes des militaires.

Comptant 28 membres, la coopérative propose aux unités d’expérimenter une large gamme de scénarios, d’une durée de deux à cinq jours. Les scénarios sont tous élaborés par «des vétérans de l’infanterie, des blindés, du génie de combat, de l’artillerie, ainsi que des membres à la retraite des corps de police municipaux et de la Sûreté du Québec», détenant entre 12 et 35 ans de service. Ces simulations sont toutes basées selon la norme militaire qu’est le scénario commun D.A.T.E. «Décisive Action Training Environnement).

 

Les scénarios se déroulent principalement à Bécancour, bien que la coopérative soit mobile. «Nous voulions adapter à plus petite échelle les exercices interactifs se déroulant à Wainwright et à Gagetown, tout en respectant les contraintes de temps et la réalité financière de chaque unité», explique M. Laperriere. «On s’occupe de fournir un scénario et un environnement sur mesure aux unités de la Réserve et de la Force régulière dans le cadre de leurs exercices finaux de cours ou pour leurs entraînements de validation comme le NIAC. Celles-ci évaluent ensuite elles-mêmes leurs membres», ajoute le fondateur de Solution force rouge. «Notre but est de garder engagés et actifs les vétérans et de créer une plateforme de partage d’expérience», résume-t-il.

Bienfaits

Martin Laperriere a été déployé en Bosnie, en Afghanistan et à Haïti. En 2009, on lui a diagnostiqué une blessure de stress opérationnel. Il soutient que les militaires retraités peuvent «transformer une expérience négative vécue au cours d’une mission» en prenant part aux simulations. En effet, la réexposition à des bruits, des odeurs, des textures et des images réalistes, sous la recommandation d’un professionnel de la santé, serait un moyen de convertir des événements tragiques en une expérience formatrice. «C’est un environnement de camaraderie et de fraternité qui fait vraiment du bien», commente-t-il. Certains anciens militaires, qui ont subi une amputation à la suite de blessures survenues en déploiement, ont accepté de participer aux simulations à titre de figurants. «Les gens n’ont alors plus l’impression d’être victimes d’un événement et ils contribuent à prévenir des traumatismes chez d’autres», explique M. Laperriere.

Ambiance unique

L’immersion et le réalisme sont des objectifs constants des membres de la coopérative Solution force rouge. Pour ce faire, ceux-ci disposent d’une grande quantité d’équipements incluant près d’une vingtaine de fusils de type «air-soft» se manipulant et se démontant comme de véritables armes de service, ainsi que des bottes, des plaques balistiques et d’authentiques casques provenant de Russie. Un simulateur d’odeurs est également disponible.

 

Grâce à une imprimante PVC, des pièces d’identité fictives peuvent être créées pour certains des figurants. Plus encore, des composantes culturelles et linguistiques peuvent être ajoutées grâce à l’intégration de figurants parlant couramment le russe, l’anglais ou l’espagnol. Des experts en maquillage médical peuvent aussi reproduire des blessures réalistes par arme blanche, balle ou explosif. Les spécialistes de Solution force rouge disposent d’un véhicule de transport Bedford, d’un Jeep et d’une moto russe. Ils peuvent aussi louer un Hummer au besoin.

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