Annonce nationale au Centre de la famille Valcartier : Ottawa investit pour les vétérans et leurs familles

Agrandir l'image Le lieutenant-général (ret) Roméo Dallaire a officialisé l’arrivée de nouvelles vestes destinées aux chiens aidants des vétérans vivant avec une blessure de stress opérationnel.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Des représentants du Centre de la famille Valcartier (CFV), des dignitaires, ainsi des vétérans des Forces armées canadiennes (FAC) se sont réunis le 11 mai au Centre communautaire de Valcartier. On y a fait l’annonce d’un investissement majeur de 143 millions de dollars, sur six ans, afin d’améliorer le programme aidant les vétérans libérés pour raison médicale et leurs familles.

«En 2010, après l’Afghanistan, nous savions que nous aurions une nouvelle clientèle de vétérans. Nous avons alors fait des représentations politiques pour inciter les décideurs à ce que les centres de ressources puissent accueillir cette clientèle», a expliqué lors du point de presse Marie-Claude Michaud, directrice du CFV. En 2015, le CFV et six autres centres au Canada ont démarré un projet-pilote visant à offrir des services aux vétérans libérés pour raison médicale. En quelques mois, le CFV a traité 1000 demandes d’aide de vétérans, en plus de prodiguer 2000 services distincts.

«Ce n’était pas assez […], il fallait que ce projet devienne permanent», a ajouté Mme Michaud. Le CFV a finalement fait valoir son point, il y a quelques mois, lors de la consultation publique nationale traitant de la nouvelle politique de la Défense. Depuis avril 2018, tous les centres de ressources à l’échelle du pays offrent maintenant aux vétérans libérés pour des raisons médicales, ainsi qu’à leur famille, une gamme variée de services.

Au CFV, le financement supplémentaire se traduit par une augmentation du nombre de travailleurs sociaux, de professionnels de la santé mentale, de spécialistes en matière de réinstallation et de transition, ainsi que par l’amélioration des services de soutien en ligne.

Les membres des FAC en voie d’être libérés pour des raison médicale, les vétérans libérés pour cette même raison, ainsi que leurs familles, ont désormais accès aux programmes de transition, aux services d’aiguillage et au soutien d’intervention dans tous les Centres de ressources pour les familles des militaires (CRFM), et ce, aussi longtemps qu’ils en auront besoin. «C’est une idée qui a fait son chemin pour que le programme devienne une réalité permanente en peu de temps! […] La prochaine étape sera de l’étendre à l’ensemble des vétérans. Ils ont droit à ces services», a déclaré Mme Michaud.

Le programme pour les services aux familles des militaires actifs a aussi été bonifié de 6 millions de dollars. Des heures supplémentaires de services de garde d’enfants, des programmes élargis pour les jeunes et la prestation de services de santé mentale supplémentaires (notamment des séances d’accompagnement pour les couples et des ateliers pour les femmes) seront quant à eux offerts grâce à la bonification du programme pour les militaires toujours actifs et leurs familles.

Témoignage d’une conjointe

Valérie Tremblay, conjointe depuis 20 ans d’un militaire qui est désormais libéré pour raison médicale, a expliqué à l’assistance toute l’importance de la mission du CFV et par le fait même, de cette nouvelle annonce d’investissement. «Être militaire, c’est un mode de vie auquel toute la famille participe activement. Les missions, les exercices, les déménagements et les promotions sont vécus par tous les membres de la famille à leur façon. C’est un mode de vie parfois extrême, comme lorsque mon mari est revenu pour la première fois de mission. La joie et le soulagement que j’ai ressentis étaient très forts. L’autre extrême, c’est les blessures physiques et psychologiques, comme le syndrome de stress opérationnel», a indiqué Mme Tremblay.

«Pour la plupart des gens, un vétéran est un homme d’un certain âge qui porte ses médailles lors du jour du Souvenir. Ça peut aussi être comme mon mari, un homme qui n’a pas encore 40 ans, mais dont le corps et l’esprit ne suivent plus malgré sa bonne volonté», a confié Valérie Tremblay.

«On demeure juste humain et on a parfois besoin d’un coup de main», a-t-elle poursuivi. «Comment entreprendre une retraite non planifiée et non désirée? Comment reconstruire l’ego et l’orgueil? Comment gérer les finances, le stress, la peur de l’inconnu, la perte de notre titre social? Comment se reconstruire sans nos repères? Je me sentais complètement seule, mais on fréquentait le CFV. C’était notre point d’ancrage», a-t-elle expliqué.

Mme Tremblay a mentionné qu’ils utilisaient toujours les services du CFV et particulièrement ceux en lien avec la transition militaire. «C’est un programme qui peut sauver des couples, des familles et des vies. Le Centre est mon fort et il m’a permis de tenir bon dans la tempête», a conclu avec assurance cette mère de famille.

Invité spécial

Le lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire était présent lors du point de presse afin de souligner lui aussi l’importance des annonces qui y ont été faites. «On vient de reconnaître que la journée où un militaire enlève son uniforme, ça n’enlève pas sa loyauté. Il faut assurer une continuité et un pont lors de cette transition. Ce programme qui commence à l’échelle nationale pour les vétérans blessés n’est que le début!», s’est exprimé le Lgén Dallaire. «La famille n’est pas loin de la mission […]. Elle fait partie à part entière de la capacité opérationnelle des militaires. Les membres de la famille portent tous un uniforme invisible», a-t-il illustré.

Au terme du point de presse, le Lgén Dallaire a officialisé la remise des premières vestes officielles pour les chiens d’accompagnement de vétérans vivant avec une blessure de stress opérationnel. Cette initiative provient du programme non gouvernemental pancanadien orchestré par l’organisme Wounded Warriors Canada.

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