Projet «Les eaux curatives» : la guérison par l’action

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Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Il y a maintenant plus de six ans que des militaires à la retraite, et d’autres toujours en service, ont pris l’initiative de se lancer dans la confection artisanale de leurres à poisson. L’objectif ultime de cette démarche : surmonter ensemble les difficultés reliées aux blessures de stress opérationnel.

Histoires mémorables de pêche, sincère camaraderie et détente composent la recette gagnante qui a propulsé, au cours des dernières années, l’engouement pour le projet intitulé «Les eaux curatives». Robert Danis, vice-président de ce mouvement et adjudant (ret) du 5e Régiment d’artillerie légère du Canada, explique que le projet a d’abord été instauré par nos voisins américains, afin de «sortir les vétérans de leur isolement».

«Les gens peuvent venir toutes les semaines au bâtiment de la Légion royale situé au 7101 boulevard Wilfrid Hamel, de 9 h à 11 h 30, pour fabriquer des mouches. Nous organisons aussi trois sorties annuelles de pêche», précise M. Danis. Encore cette année, les mouches confectionnées ont attiré de belles prises lors de sorties de pêche du groupe au Lac-à-l’épaule, à Saint-Nazaire, et dans une pisciculture située au cœur du décor bucolique qu’offre l’île d’Orléans.

Favoriser le mieux-être

Alors que les participants aux activités des eaux curatives vivent tous au quotidien avec les effets d’une blessure de stress opérationnel, M. Danis confirme que l’objectif du projet est d’aider les militaires «à se concentrer sur le moment présent», tout en laissant de côté les souvenirs douloureux. «C’est un moment sans stress! Certains viennent seulement prendre un café avec nous, tandis que d’autres décident de confectionner des mouches sans nécessairement venir pêcher par la suite», témoigne le vice-président au sujet de la flexibilité de cette activité.

Il ajoute que «la dextérité, la concentration et la patience» sont des aptitudes affectées par les blessures de stress opérationnel qui peuvent être de nouveau développées grâce à cette activité de groupe. «Ce qu’on perd, lorsqu’on sort des Forces, c’est la cohésion et le sentiment d’appartenance. Tout ça arrête abruptement! En venant ici, les participants retrouvent des gens de tous les corps de métier», précise le vétéran Robert Danis.

Inclusion de tous

Se voulant inclusif, le projet des eaux curatives s’adresse aussi à tous ceux portant l’uniforme. Les pompiers, les ambulanciers, les infirmières et les médecins sont donc les bienvenus. Certains participants fréquentent sur une base quotidienne le groupe des eaux curatives, et ce, depuis maintenant plus de cinq ans, tandis que d’autres s’y présentent de manière périodique. Aucun coût d’inscription n’est exigé et le matériel de base pour la confection des leurres est fourni aux participants. Ceux-ci peuvent ensuite s’équiper davantage s’ils le souhaitent. «Certains produisent pratiquement des œuvres d’art!», se réjouit Robert Danis.

Le projet «Les eaux curatives» prend de l’expansion aux quatre coins du Québec. Des filiales voient le jour notamment à Québec, Montréal, Saint-Jérôme, Thetford Mines et Montmagny. Ceux qui en sont membres partagent également leur passion pour la pêche, lors d’ateliers de formation donnés à La Vigile, une maison d’hébergement et de thérapie pour les intervenants en situation d’urgence portant l’uniforme.

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