Première mini-centrale électrique à énergie renouvelable

Agrandir l'image La mini-centrale électrique à énergie renouvelable conçue par la cellule G6 du 35 GBC a fait l’objet d’une démonstration de plusieurs jours dans les secteurs d’entraînement de Valcartier, pendant la semaine du 5 mai. - Photo : P. Brassard, Adsum

Par Lucy Ellis, avec la collaboration de Philippe Brassard

Respectivement du Commandement des opérations interarmées du Canada et du journal Adsum

Au cours des derniers mois, les membres de la cellule G6 du 35e Groupe-brigade du Canada (35 GBC) ont conçu une pièce d’équipement innovatrice : une mini-centrale électrique fonctionnant à l’énergie solaire et éolienne.

Récemment, les membres de la cellule G6 ont remporté le Prix du sous-ministre et du chef d'état-major de la Défense pour l'Innovation, en reconnaissance de l’ensemble de leurs travaux, dont la mini-centrale.

Le but premier de cette technologie est d’offrir une alternative à la génératrice pour des déploiements dans l’environnement imprévisible de l’Arctique canadien. Lors de l’Opération NANOOK en août 2013, un avion de transport avait été retardé durant quatre jours en raison d’un blizzard. Cet événement avait soulevé un débat sur la problématique de la dépendance à l’énergie.

«Si cet avion avait été celui qui nous apportait notre ravitaillement en carburant, nous aurions peut-être manqué de pétrole», ce qui aurait causé la perte de notre génératrice, la perte de nos communications et donc une perte de sécurité, raconte le capitaine Pierre Frenette, responsable de la cellule des communications (G6) du quartier général du 35 GBC.

En vue de l’exercice GUERRIER NORDIQUE tenu du 24 février au 14 mars à Iqaluit, la cellule G6 a voulu trouver une solution pour parer à sa dépendance au pétrole. La solution devait être adaptée aux déploiements, et donc respecter plusieurs contraintes allant des conditions climatiques défavorables aux restrictions de volume et de poids.

«Nous avons donc pensé utiliser le vent (énergie éolienne) et le soleil (énergie solaire) pour tenter de nous doter d’une production d’électricité inépuisable, gratuite, non polluante, totalement indépendante et suffisante pour faire fonctionner des équipements de communications», informe le capt Frenette, auteur de cette idée.

De concept à réalité

Pour développer son concept de mini-centrale électrique, la cellule G6 a consulté des compagnies spécialisées dans le domaine de l’énergie renouvelable, des forums de discussions et divers ouvrages. La cellule a aussi fait mesurer sa consommation électrique journalière afin de savoir combien d’électricité elle avait besoin pour être autonome pendant 24 heures.

La construction de la centrale a commencé 10 jours avant la date du déploiement, sous la responsabilité du sergent Dominic Thomassin. Débrouillard et habile de ses mains, le réserviste a construit cette pièce d’équipement dans son garage, en n’hésitant pas à dériver des plans pour l’améliorer.

Le produit final, qui a coûté moins de 7000 $, comprend deux grosses batteries capables d’emmagasiner 265 ampères, quatre panneaux solaires de 140 watts et deux éoliennes qui génèrent 24 volts en courant direct.

Puisque les heures d’ensoleillement sont très réduites pendant certaines périodes de l’année, sans parler de la nuit, l’énergie éolienne a été choisie pour compléter celle du soleil. «Nous avons fait l’acquisition d’une station météorologique pour pouvoir amasser des données très précises sur la capacité de production électrique en rapport avec les conditions de vent et d’ensoleillement», souligne le capt Frenette.

Les batteries, lorsqu’elles sont chargées à 100 %, sont à elles seules assez puissantes pour faire fonctionner les systèmes de communications pendant 24 à 48 heures

Pendant l’exercice GUERRIER NORDIQUE à Iqaluit, les panneaux solaires ont produit en moyenne 13 ampères/heure, avec un maximum atteint de 18 ampères/heure quand le soleil était présent. Les systèmes de communications consommaient environ 15 ampères/heure. Les membres de la cellule G6 ont rencontré certains défis avec la mini-centrale, ce qui leur a permis d’apporter certains correctifs et d’augmenter l’efficacité du système, notamment en positionnant mieux les panneaux solaires et les éoliennes.

Un autre avantage de la mini-centrale électrique est le fait qu’elle se monte sur une remorque, ce qui la rend très compacte et facile à transporter; une qualité très recherchée pour les déploiements par voie aérienne.

Générer du courant électrique à l’aide des énergies renouvelables pourrait devenir une solution très intéressante pour les Forces armées canadiennes dans le futur. Avec cette technologie, les FAC pourraient mener des opérations n’importe où, particulièrement aux endroits où les infrastructures existantes ont été endommagées ou détruites par les intempéries.

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