Les candidats «Pathfinders» du 5 GBMC sélectionnés

Agrandir l'image Le 8 mai à Valcartier, les candidats ont vécu une expérience d’insertion hors de l’ordinaire : ils ont été appelés à sauter d’un hélicoptère en plein vol stationnaire, à une altitude de 1,2 mètre du sol, avec tout leur équipement. - Photo : Philippe Brass

Par Philippe Brassard, journal Adsum

Du 5 au 9 mai, 39 des meilleurs soldats du Royal 22e Régiment (R22eR) ont été poussés à leurs limites, afin de sélectionner ceux qui sont prêts à suivre la formation d’éclaireurs-patrouilleurs, communément appelés «Pathfinders».

Ces 39 volontaires, tous membres des trois bataillons du R22eR, ont participé au processus de sélection des candidats du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC) pour le cours sur les opérations des Pathfinders. Ce cours sera donné au Centre d’instruction supérieure de l’Armée canadienne à Trenton, du 22 septembre au 10 novembre prochain.

Les soldats choisis pour le cours de Pathfinders apprendront à survivre et à opérer en milieu isolé et deviendront des experts pour sécuriser des zones de parachutage, des zones d’atterrissage d’hélicoptères, des plages et des pistes d’atterrissage tactiques.

«Le cours de Pathfinders est le plus difficile des Forces canadiennes», affirme l’adjudant Yan Boursier, maître tireur d’élite et Pathfinder qui a participé à la coordination de la sélection.

D’après lui, les volontaires ont vu leurs capacités mentales et physiques mises à rude épreuve. «On leur fait subir en une semaine ce qu’ils auront à subir lors du vrai cours, qui dure deux mois et demi. S’ils n’endurent pas une semaine, ils ne passeront pas à travers les deux mois et demi», résume l’adj Boursier.

«Je pense que ce fut la sélection de Pathfinders la plus difficile qui s’est faite ici», confirme le capitaine Lucas Jansen, commandant du peloton de reconnaissance du 3 R22eR.

Les participants ont dû compléter des marches de haute intensité pouvant atteindre 25 kilomètres avec 20 kilos d’équipement, faire de la navigation et maîtriser différentes techniques d’insertion. Les Pathfinders doivent être des «opérateurs efficaces dans toutes les méthodes d’insertion par hélicoptère et par bateau», souligne l’adj Boursier.

L’une des causes d’abandon les plus fréquentes chez les participants est la souffrance physique reliée aux ampoules. «La charge qu’ils ont à traîner est tellement pesante, sur de longues distances, les gars ont les pieds amochés et ils abandonnent», illustre l’adj Boursier.

Et la cerise sur le sundae : les candidats ne dorment qu’une ou deux heures par nuit en moyenne…

@int:Insertions héliportées

@txt:La phase finale du processus de sélection consistait à conduire des opérations d’insertion héliportée avec l’appui des Griffon du 438e Escadron tactique d’hélicoptères de Saint-Hubert.

Le 8 mai à Valcartier, les candidats ont vécu une expérience d’insertion hors de l’ordinaire : ils ont été appelés à sauter d’un hélicoptère en plein vol stationnaire, à une altitude de 1,2 mètre du sol, avec tout leur équipement.

Cette manœuvre, normalement réservée aux forces spéciales, a été vue pour la première fois à Valcartier. Elle nécessite un équipement particulier : des sangles qui s’accrochent aux patins de l’hélicoptère. Ces sangles permettent de relier l’appareil avec le sol et d’éliminer les risques de décharge électrique pour les soldats qui sautent, compte tenu qu’un hélicoptère génère de l’électricité statique en volant.

Cette technique d’insertion est plus rapide et permet aux fantassins d’être insérés sur un terrain accidenté ou rempli d’obstacles, comme une montagne ou un toit de bâtiment, à défaut d’avoir accès à une surface plane pour faire atterrir l’hélicoptère, selon l’adj Boursier.

Le danger premier pour les soldats est de se fouler une cheville en sautant sur des roches ou des obstacles. «C’est important de suivre la drill. Tout est dans les jambes, il faut anticiper le sol», souligne l’adjudant.

Après avoir pratiqué cette technique, les participants ont fait l’inverse : ils ont embarqué dans l’hélicoptère en vol stationnaire. Ensuite, ils ont effectué des insertions héliportées au-dessus de la rivière Jacques-Cartier, en sautant directement dans l’eau.

En bout de ligne, 17 militaires ont vu leur candidature retenue : neuf d’entre eux iront suivre le cours de Pathfinders à Trenton dès cet automne, tandis que les huit autres seront en lice pour le cours de l’année prochaine.

Qu’est-ce que les Pathfinders?

Les éclaireurs-patrouilleurs canadiens (Pathfinders) sont des soldats hautement spécialisés, formés pour s’introduire n’importe où sur le champ de bataille par diverses techniques, afin de préparer les opérations ultérieures d’une force principale. Le commandant envoie une patrouille de Pathfinders lorsqu’il a besoin qu’une zone de largage, d’une piste d’atterrissage rudimentaire ou d’une tête de plage fasse l’objet d’une reconnaissance avant l’insertion du gros des troupes. Le détachement de patrouilleurs-éclaireurs chargé d'une telle tâche peut entrer en action des semaines, voire des jours, des heures ou même quelques minutes avant le reste de la force.

<< Retour à la page d'accueil