Un peloton du 3 R22eR dans la jungle de Martinique

Agrandir l'image Des soldats français du Détachement Terre-Antilles, 33e Régiment d’infanterie de marine en exercice en Martinique. - Photo : Armée de Terre

Par Philippe Brassard, journal Adsum

Un peloton de 30 militaires de la compagnie B du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR) s’entraîne jusqu’au 29 juin sur l’île de Martinique, dans les Antilles, aux côtés de leurs cousins de l’Armée de terre française.

Les Vingt-deux se sont envolés le 8 juin vers l’île française de Martinique, où ils ont été accueillis par les membres du Détachement Terre-Antilles, 33e Régiment d’infanterie de marine (photo).

Sous le chaud soleil et l’air salé des tropiques, les militaires de Valcartier auront la chance de suivre un stage d’aguerrissement de trois semaines en environnement de jungle et littoral.

«Le plus difficile sera de s’adapter à l’environnement : à la chaleur, l’humidité, le fait d’avoir toujours les pieds mouillés, les maringouins, les parasites, les serpents et toutes les autres bestioles qu’on peut retrouver dans la jungle», a soulevé le lieutenant-colonel Steve Jourdain, commandant du 3 R22eR, lors d’une entrevue accordée ce printemps.

Selon le major Patrick Chartrand, commandant de la compagnie B du 3 R22eR, la première semaine sera consacrée à la théorie et à la pratique liée aux opérations dans la jungle tropicale. Les Canadiens apprendront différentes techniques pour être en mesure de vivre et survivre dans cet environnement.

La deuxième semaine, les Vingt-deux seront aguerris aux opérations en milieu littoral : pistes à obstacles aquatiques, pratiques de moyens d’insertion amphibie et littoral, opérations nocturnes, etc. «Il y aura des marécages, alors c’est très possible que nos soldats devront marcher avec de l’eau jusqu’à la taille!, illustre le maj Chartand.  Le but est aussi de pratiquer des insertions en bateaux d’assaut et en kayaks tactiques.»

La troisième semaine, les Canadiens complèteront leur séjour dans les Antilles par un exercice de confirmation. Insertions en véhicules amphibies et scénario tactique dans la jungle sont au programme.

En complétant ce stage, les membres de la compagnie B du 3 R22eR rencontreront plusieurs de leurs objectifs de sous-unité, et même d’unité. «J’essaye de développer une masse critique de soldats formés dans un environnement particulier», a indiqué le lcol Jourdain. «Ça permet d’avoir 30 personnes aguerries dans ce domaine-là au bataillon, et non pas un seul instructeur qualifié qu’on pourrait perdre en raison d’une mutation.»

Selon lui, le fait de pouvoir apprendre cette expertise auprès des Français facilite grandement l’échange de connaissances. «Si on voulait aller chercher cette expertise au Brésil ou ailleurs en Amérique du Sud, il aurait fallu apprendre le Portugais ou l’Espagnol. Avec les Français, la barrière du langage ne sera pas dans l’équation», dit-il.

Pourquoi la jungle pour des fantassins canadiens?

«Le rôle de l’infanterie est de prendre contact avec l’ennemi et le détruire, de jour comme de nuit, sous tous types de terrains et de conditions, explique le lieutenant-colonel Steve Jourdain, commandant du 3 R22eR. La jungle et le milieu littoral entrent dans ces conditions. Dans nos différents engagements à l’international, si jamais on était appelé à travailler dans la jungle sans y avoir été exposé, ça nous mettrait en désavantage. On a tout intérêt à savoir opérer dans la jungle, comme on sait le faire en milieu arctique, désertique ou urbain.»  << Retour à la page d'accueil