Le nouveau Musée Royal 22e Régiment ouvre ses portes

Agrandir l'image L’exposition permanente «Je me souviens», qui retrace les 100 ans d’histoire du régiment, compte 26 bornes interactives à la fine pointe de la technologie. - Photo : cpl N. Tremblay, Imagerie VA

Par Philippe Brassard, journal Adsum

Le Royal 22e Régiment (R22eR) a inauguré en grande pompe son tout nouveau musée à la Citadelle de Québec, une institution digne des 100 glorieuses années de son histoire, le 28 mai.

Célébrée en compagnie de centaines d’invités, membres actifs, vétérans et amis du R22eR, la cérémonie d’inauguration a été marquée par une fresque historique pour le moins impressionnante.

Des tableaux vivants, interprétés par des soldats du R22eR vêtus en uniformes d’époque, ont fait revivre les moments forts de l’histoire du régiment, de la Première Guerre mondiale à l’Afghanistan, en passant par la Seconde Guerre mondiale, la Guerre de Corée et les missions de paix.

Notamment, on a pu voir un officier de la Grande Guerre à cheval, des soldats de 39-45 accompagnés d’un âne, ainsi qu’une multitude de véhicules d’infanterie canadiens du dernier siècle, tels que la chenillette Bren-Carrier, le véhicule de transport chenillé M113 et le véhicule blindé léger (VBL III).

La Garde en rouge, la Musique du R22eR, le bouc Batisse et son jeune descendant ont aussi pris part à ce spectacle coloré. En fin de présentation, des membres de la garde ont effectué un «feu de joie» pour célébrer l’inauguration du Musée, en tirant à sec vers le ciel.

Par la suite, le major-général (ret) Alain Forand, colonel du régiment, a procédé à la coupure du ruban officialisant l’inauguration du nouveau Musée Royal 22e Régiment.

Un musée du 21e siècle

Il aura fallu 12 ans de travail pour que le projet de musée devienne enfin réalité. Cette nouvelle institution moderne, aménagée dans la casemate Est de la Citadelle, offre quatre fois plus d’espace d’exposition, pour un total de 800 mètres carrés.

En vedette, on retrouve l’exposition permanente «Je me souviens», qui raconte le centenaire du régiment. «L’exposition invite les visiteurs à vivre l’histoire, l’honneur et la camaraderie, en découvrant l’aventure humaine des militaires à travers les 100 ans d’histoire du R22eR», a résumé le lieutenant-colonel Éric Laforest, commandant du 2e Bataillon, R22eR.

Si les artefacts et les documents d’archives occupent encore une place de choix, le visiteur pourra aussi découvrir au fil de cette exposition les visages et les récits de ceux qui ont vécu la guerre à travers plus de 30 témoignages vidéo. 

Par ailleurs, les visites chronométrées sont maintenant chose du passé : les visiteurs pourront enfin accéder seuls aux expositions et prendre le temps désiré pour observer les objets et artefacts, lire les textes et utiliser les 26 nouvelles bornes interactives.

Ces bornes interactives à écran tactile permettent de visionner les témoignages vidéo, des vidéos d’archives ou des cartes de bataille interactives. Les enfants de tous les âges trouveront aussi des bornes conçues pour eux, qui leur proposent des jeux éducatifs sur l’histoire militaire.

Une nouvelle salle des médailles, nommée «Honneur et mémoire», expose plus de 300 ensembles de décorations ayant appartenu à des soldats et officiers du Vingt-deux. Une salle pour les futures expositions temporaires, une boutique de souvenirs, ainsi que des espaces éducatifs, sont aussi aménagés.

Le côté humain

Les opérations spéciales, les quatre années du R22eR en Angleterre pendant la Deuxième Guerre mondiale, la vie au Canada pendant la guerre font partie des nouvelles thématiques du musée qui n’avaient jamais été explorées auparavant. Plusieurs artefacts intéressants, tels que le tout premier drapeau du 22e Bataillon canadien-français reçu en 1915, un aigle en fer de l’Allemagne nazie retrouvé en Hollande ou une mitrailleuse lourde datant de la Première Guerre, feront certainement tourner les têtes.

Selon le major Jean-François Lacombe, qui fut jusqu’à tout récemment directeur du musée, l’institution met davantage l’accent sur le «côté humain» de la guerre à travers les soldats qui l’ont vécu. «Même si la technologie de bataille évolue avec les années, le côté humain va toujours demeurer», affirme-t-il, soulignant que les lettres d’un soldat qui écrit à sa famille en 1944 sont très semblables à celles du soldat déployé en Afghanistan.

En bout de ligne, le musée constitue le «legs» du centenaire du R22eR pour les générations futures. «C’est ce qui va rester de tangible, de concret après les festivités du centenaire», souligne le maj Lacombe, qui invite la population de Québec à s’approprier l’institution. L’objectif est d’augmenter la fréquentation à près de 150 000 visiteurs par année, soit 20 000 de plus, soutient-il.

Projet de 4,1 millions $, le nouveau Musée a été financé à la hauteur de 86 % par la Direction – Histoire et patrimoine de la Défense nationale, 7 % par le Musée R22eR et 6 % par des donateurs.

D’après Michel Litalien, gestionnaire du réseau des 70 musées militaires canadiens, l’institution se classe maintenant «parmi les trois meilleurs musées militaires au Canada».

Exposition «Je me souviens»

L’exposition permanente «Je me souviens», qui raconte les 100 premières années du R22eR, se divise en sept zones thématiques :

La Citadelle de Québec : une odyssée de trois siècles (17e siècle-1920)

La Première Guerre mondiale : naissance du 22e Bataillon (1914-1919)

L’entre-deux-guerres (1920-1939)

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

La Guerre de Corée (1950-1953)

Missions de paix, missions de combat et actions au Canada (1946-2014)

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