300 militaires marchent de Valcartier à Québec, comme en 1914

Agrandir l'image Pas moins de 317 militaires de la Base Valcartier ont participé à la marche commémorative de 30 kilomètres de Valcartier jusqu’au port de Québec. - Photo : cpl N. Tremblay, Img VA

Par Philippe Brassard, journal Adsum du 26 juin 2014

Dans le cadre du centenaire de la Base Valcartier, plus de 300 militaires ont marché 30 kilomètres de Valcartier jusqu’au port de Québec le 15 juin, afin de commémorer le départ des soldats canadiens vers l’Europe, en 1914.

À l’automne 1914, alors que le Canadien venait d’entrer dans la Première Guerre mondiale, ce sont 31 000 volontaires du Corps expéditionnaire canadien qui ont marché vers le port de Québec pour partir à la guerre, après avoir complété leur entraînement sur le Camp Valcartier. Emportant des véhicules, des chevaux, des pièces d’artillerie, des munitions et des vivres, ces milliers de soldats ont embarqué à bord des 31 navires formant le plus long convoi transatlantique de l’histoire du Canada, à destination de l’Angleterre.

Cent ans plus tard, 317 militaires des unités de la Base Valcartier répartis en équipes de 30 personnes ont recréé cet événement historique. Le lieutenant Yannik Trudeau, du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment, a quitté Valcartier avec son équipe à l’aube, vers 5 heures du matin.

«Ç’a s’est très bien déroulé, raconte-t-il. La météo était clémente, il n’y a eu aucun problème, aucune blessure. On a ri et jasé durant 30 kilomètres. On a croisé des civils, parlé avec eux. Étonnamment, beaucoup de personnes étaient au courant de notre marche et nous ont encouragés.»

Les militaires ont commencé leur périple en empruntant la piste cyclable du Corridor des Cheminots, pour rejoindre Val-Bélair. Ils ont ensuite bifurqué vers le boulevard de la Colline, puis le boulevard Lebourgneuf, sur lequel ils ont marché jusqu’à l’autoroute Laurentienne, où ils ont repris la piste cyclable jusqu’au centre-ville.

Les équipes étaient bien préparées physiquement, ayant marché plus de 100 kilomètres au cours des semaines précédentes. «Sur le plan physique, c’est sûr qu’on était un peu fatigué, avec le soleil, et le fait qu’on s’était levé de bonne heure. C’est difficile physiquement de marcher 30 kilomètres, mais cela a très bien été», a relaté le lt Trudeau, qui participera également à la marche de Nimègue, en juillet, avec plusieurs de ses collègues.

L’officier mentionne que la marche a été l’occasion de se mettre dans la peau de leurs prédécesseurs canadiens de 1914. «C’est spécial, car nos ancêtres qui ont fait cette marche ne savaient pas pour combien de temps ils partaient. Plusieurs partaient en espérant que cette guerre-là allait finir avant Noël», souligne le lt Trudeau. «Rapidement, on a commencé à parler de nos expériences en Afghanistan. C’était notre manière de faire le lien.»

Arrivés au port de Québec environ six heures plus tard, les marcheurs ont été accueillis par une grande foule qui les attendait sur le quai, près des navires de guerre présents pour le Rendez-vous naval de Québec. «La foule était vraiment incroyable, la population de Québec nous a accueillis chaleureusement», souligne le lt Trudeau.

Les marcheurs ont ensuite monté à bord du destroyer canadien NCSM Athabaskan et du navire de débarquement américain USS Oak Hill, question de simuler l’embarquement des troupes qui quittaient pour l’Europe.

S’en est suivie la cérémonie de clôture du Rendez-vous naval, teintée par le passage d’un avion de chasse CF-18 dans le ciel de Québec.

À la fin, tous les participants ont reçu une pièce («coin») du marcheur, frappée spécialement pour cette activité. Le lendemain, les unités mobilisées pour la marche ont reçu un médaillon soulignant leur contribution, lors de la cérémonie dévoilant le monument du centenaire.

<< Retour à la page d'accueil