Une visite remplie d’émotion

Agrandir l'image Le capitaine Gilles Henry reçoit la plaque commémorative offerte par Todd Crawford, en compagnie des familles qui étaient présentes à l’occasion de ce retour aux sources. Photo - cpl Moulton, Imagerie Valcartier

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Un peu plus d’une quarantaine de membres des familles expropriées du territoire de la base par le gouvernement canadien, en 1914 et 1967, ont effectué un retour aux sources le 3 août.

C’est un membre de la famille Crawford, Todd Crawford, qui a organisé cette visite où 16 familles étaient représentées. «Les gens étaient vraiment touchés et contents. Quand on connaît notre passé, on peut aller plus facilement vers l’avenir», affirme M. Crawford. «Pour eux, c’était une journée mémorable», ajoute le capitaine Gilles Henry. 

À leur accueil, ils se sont vu remettre une plaque commémorative. De plus, un proche de chaque famille expropriée a reçu un jeton du 100e de la base.

La visite s’est surtout déroulée dans les secteurs d’entraînement. Le groupe a notamment escaladé le mont Sorel pour aller voir un monument historique pour eux, un rocher sur lequel un citoyen de l’époque, Eddie Conway, a gravé le nom de quelques familles présentes.

Le clan est également allé visiter le cimetière dans lequel plusieurs de leurs ancêtres reposent aujourd’hui.

Vestiges et souvenirs

Lors de leur escapade dans les secteurs, plusieurs souvenirs ont refait surface et certains ont voulu s’arrêter à des endroits où ils ont passé de bons moments.

M. Crawford a d’ailleurs partagé certaines de ces péripéties, à commencer par Diane Crawford, qui est retournée mettre les pieds dans la Rivière-aux-Pins, endroit où elle se baignait dans sa jeunesse.

De plus, alors qu’ils se déplaçaient en autobus, les visiteurs ont subitement fait arrêter le chauffeur, car ils avaient repéré l’endroit où était située une ancienne maison. C’est grâce à la présence d’énormes pins centenaires que ces derniers ont retrouvé l’emplacement.

Finalement, une historienne, Pauline McCarty a trouvé une brique de la maison dans laquelle elle résidait à l’époque.

Double expropriation

Alors que la Première Guerre mondiale de 1914 faisait rage, le gouvernement canadien avait décidé d’exproprier des familles afin d’y installer le camp militaire Valcartier. Ces dernières ont donc eu à céder leurs terres pour que les soldats puissent s’entraîner avant d’aller au combat.

Une deuxième vague d’expropriation est survenue en 1967, pour l’agrandissement de la base et la création de la 5e brigade. À ce moment, certaines familles devaient quitter leur domicile pour une seconde fois. «C’est certain que ça leur a fait mal d’être exproprié, c’est des terres de plus de 100 ans qu’ils ont perdues, mais ils savaient que le pays était en guerre alors ils comprenaient», se rappelle Todd Crawford.  << Retour à la page d'accueil