Un premier champ de tir vert au pays !

Agrandir l'image Les nouveaux capteurs de balle sont facilement modifiables et adaptables aux différentes conditions météorologiques. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

La Base de soutien de la 2e Division du Canada, Valcartier est devenue officiellement la première base des Forces armées canadiennes à faire l’usage d’un champ de tir vert de petit calibre, le champ de tir Nicosie.

Plusieurs acteurs importants dans le projet sont venus présenter les nouveaux capteurs de balles dans le cadre d’une cérémonie de reconnaissance, le 9 septembre dernier, cérémonie à laquelle assistait le colonel Hercule Gosselin, commandant du Groupe de soutien de la 2e Division du Canada (GS 2 Div CA).

Ce dernier était d’ailleurs très heureux de ce projet qui va en ligne directe avec la politique environnementale des Forces armées canadiennes, politique qui lui tient beaucoup à cœur. «C’est un cadeau qu’on nous fait ici sur la base», affirme-t-il.

L’utilisation des nouveaux capteurs minimisera les impacts environnementaux des entraînements militaires et assurera du même coup la conformité du champ de tir à la stratégie environnementale de la Défense.

Ce projet consiste en des capteurs de balles qui permettent de retenir les résidus de métaux provenant des projectiles d’armes légères, afin d’empêcher l’eau d’infiltration d’atteindre la nappe souterraine des champs de tir.

Ainsi, Recherche et développement pour la Défense Canada (RDDC) et le directeur de l’Environnement de la Force terrestre ont débuté leur réflexion en 2007 dans le but de créer le meilleur capteur de balle au meilleur rapport qualité-prix.

Après l’élaboration et l’essai de divers prototypes, c’est en 2011 que le concept final a vu le jour, concept qui offrait une solution permettant une gestion des champs de tirs efficace et respectueuse de l’environnement. Des boîtes en acier remplies de sable permettant de réduire la vitesse des projectiles ont été fabriquées et installées dans les buttes de tir existantes et ont été recouvertes d’une membrane auto-guérissante. Lorsque les balles perforent la membrane, les trous se referment sur eux-mêmes. Des réceptacles, mis au point par l’INRS, récoltent l’eau en vue de récupérer les effluents composés d’eau d’infiltration pour les diriger vers un système de traitement.

Cela fait maintenant deux ans que des militaires de Valcartier s’entraînent avec ces capteurs dans le but de mesurer l’efficacité de la membrane et d’étudier l’étanchéité des cellules.

Au terme de ces essais, les capteurs ont résisté et une étude indépendante estime qu’ils s’avèrent 54 % plus économiques que les buttes de sable conventionnelles, au terme de 20 ans d’utilisation. Ils procurent donc une solution à long terme pour la gestion des résidus de métaux provenant des projectiles. Ils devraient réduire presqu’à néant les impacts environnementaux.

Les militaires qui ont fait l’essai des capteurs n’ont eu que de bons commentaires à faire à leur endroit. Ces derniers précisent que les capteurs réduisent considérablement le bruit dans les champs de tir et qu’ils ne changent en rien le type d’entraînement.

«Nous sommes très fiers des résultats pour les Forces armées canadiennes, car le projet du champ de tir vert représente un bel exemple de coopération multidisciplinaire entre plusieurs organisations, ce qui a été, sans contredit, la clé du succès de ce projet. Avec l’un des meilleurs capteurs sur la scène mondiale, nous contribuons à assurer la pérennité des champs de tir», confie le directeur général S & T de l’Armée de terre de RDDC, Guy Vézina.

Une scientifique de RDDC, Sonia Thiboutot, ajoute que de nombreux pays, soucieux de la gestion environnementale des champs de tir, sont intéressés par ce nouveau concept de capteur de balles.

Plusieurs partenaires ont mis la main à la pâte dans ce projet : le directeur de l’Environnement de la Force terrestre, plusieurs unités du GS 2 Div CA, dont les Champs de tir et secteurs d’entraînement, Conservation des ressources et le service du Génie, ainsi que Construction Défense Canada, RDDC, et son partenaire spécialiste de l’environnement, l’INRS.

Un rapport final sera rédigé en janvier 2015.

<< Retour à la page d'accueil