Le quotidien reprend son cours

Agrandir l'image La sécurité a été augmentée aux entrées de la Base Valcartier. Photo : cpl Nathan Moulton, Imagerie Valcartier

Par Simon Leblanc, journal Adsum

La vie reprend tranquillement son cours normal au sein de la communauté militaire, notamment sur la Base Valcartier, à la suite des deux événements tragiques qui ont coûté la vie à deux militaires canadiens dans la semaine du 20 octobre.

Rappelons que l’adjudant Patrice Vincent a été happé mortellement le 20 octobre par un automobiliste à Saint-Jean-sur-Richelieu et que le caporal Nathan Cirillo a été tué deux jours après devant le Parlement à Ottawa.

En plus de toucher le cœur des Canadiens, les événements ont affecté les activités des établissements fédéraux du pays, y compris bien sûr la Défense nationale. Les effets se sont fait ressentir jusqu’à la Base Valcartier. En effet, le commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est), le brigadier-général Stéphane Lafaut, s’est assuré de rehausser la sécurité des bases et garnisons en sol québécois, ainsi que de leurs infrastructures. «Comme vous le savez, le bien-être de nos membres, de notre personnel civil et des familles est une préoccupation pour moi, pour mon équipe et pour les Forces armées canadiennes», a-t-il indiqué dans un message diffusé à l’intention des troupes et des familles.

Les contrôles de sécurité aux différentes entrées des installations de la Défense au Québec ont été augmentés. Jusqu’à nouvel ordre, les militaires ne sont plus autorisés à porter l’uniforme en public lorsqu’ils ne sont pas en service.

Le bgén Lafaut incite également son personnel à demeurer vigilant et à l’affût de ce qui se déroule autour d’eux en permanence. «Il est de notre devoir de rassurer nos familles et les enfants qui pourraient être inquiétés par les récents événements. Nous devons prendre les mesures nécessaires pour rassurer, tout en prenant soin de transmettre des consignes de sécurité de base. Je compte sur vous afin de prendre soin de vos proches», ajoute-t-il. 

Une communauté sous le choc

Comme une grande famille, c’est toute la communauté militaire canadienne qui a été touchée par la perte de deux de ses membres.

Beaucoup ont exprimé leur soutien envers les familles de l’adj Vincent et du cpl Cirillo en ces heures difficiles. Nombreux sont les Canadiens qui se sont recueillis devant le Monument commémoratif de guerre qui s’élève devant le Parlement, certains y déposant des fleurs.

Par ailleurs, lors des matchs des Canadiens de Montréal, des Sénateurs d’Ottawa et des Maple Leafs de Toronto, le 25 octobre au soir, une cérémonie d’ouverture s’est déroulée simultanément dans les trois amphithéâtres afin d’honorer la mémoire des deux militaires. Un moment de silence a été observé.

Rappel des faits

Le 20 octobre dernier, deux membres des FAC ont été happés par un véhicule dans le stationnement d’un centre commercial à Saint-Jean-sur-Richelieu. Malheureusement, l’adjudant Patrice Vincent est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures.

Âgé de 53 ans, l’adj Vincent était membre de l’Unité interarmées de soutien du personnel au Centre intégré de soutien du personnel de Saint-Jean. Il s’est enrôlé dans la Force régulière en mai 1986. «Patrice était très fier de servir au sein des FAC. Il faisait ce qu'il aimait et nous l’avons appuyé durant les 28 années où il a servi», peut-on lire dans un communiqué émis par sa famille. «Patrice était un bon vivant, il était très apprécié de tous et c'est avec passion qu'il nous parlait de son engagement au sein des FAC. Servir était pour lui sa façon de faire une différence dans notre monde.»

Le cpl Cirillo, 24 ans, membre des Argyll and Sutherland Highlanders of Canada, a été tué le 22 octobre alors qu’il remplissait les fonctions de sentinelle à la Tombe du Soldat inconnu, au pied du Monument commémoratif de guerre à Ottawa.

«Le cpl Cirillo était un militaire modèle. Il était parvenu à trouver l’équilibre entre, d’un côté, l’intensité qu’il déployait dans son entraînement, sa détermination à demeurer en bonne forme et à perfectionner ses compétences militaires, et de l’autre, l’incroyable bonté et la grande force de caractère qui lui ont permis de gagner le respect et l’admiration de tous ceux qui l’ont connu», a déclaré son commandant, le lieutenant-colonel Lawrence Hatfield.

Les choses revenant tranquillement à la normale, les sentinelles ont repris leurs fonctions, dès le 24 octobre, au Monument commémoratif de guerre du Canada.

Des funérailles remplies d’émotions

Le 28 octobre, à Hamilton, avait lieu les funérailles militaires du cpl Nathan Cirillo à la Christ’s Church Cathedral. Des milliers de personnes s’étaient réunies le long de la route empruntée par le cortège afin d’honorer sa mémoire.

Le premier ministre Stephen Harpen a assisté aux funérailles du cpl Cirillo ainsi qu’à celles de l’adj Patrice Vincent qui ont eu lieu le 1er novembre à la Cocathédrale de Saint-Antoine-de-Padoue à Longueuil. Des collègues, des amis et d’autres personnes ont marché avec le cortège funèbre.

À noter que selon le FM93, le prince Charles aurait offert un don substantiel aux familles des deux soldats. C’est Clarence House, la résidence officielle de l’héritier du trône britannique qui a confirmé que le don avait été fait à la fondation «La patrie gravée sur le cœur», qui gère l’argent en provenance du fonds Stand on Guard.

L’argent sera divisé à parts égales entre les deux familles. La fondation Stand on Guard a été créée par des amis du cpl Cirillo à la suite de la fusillade mortelle au Monument commémoratif de guerre. 

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