Le Népal vécu par des militaires de la 5 Amb C

Agrandir l'image Le capitaine Alain Miclette, médecin à la 5 Amb C. Photo - Cynthia Wilkinson, Imagerie FC

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Le 25 avril, la population du Népal, pays enclavé de l’Himalaya, la plus grosse chaîne de montagnes au monde, a subi un violent séisme se chiffrant à 7,8 sur l’échelle de Richter. Dès le lendemain, 26 avril, alors que le pays était complètement dévasté, l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) de l’Armée canadienne (AC), dont 45 membres proviennent de la 5e Ambulance de campagne de Valcartier, a été dépêchée sur les lieux pour venir en aide à la population.

Alors qu’elle prenait part à l’exercice MAPLE RESOLVE 2015, le caporal-chef Jennyfer Russell s’est fait offrir d’aller au Népal pour prendre part à l’opération RENAISSANCE. La décision n’a pas été difficile à prendre. «Ça m’a permis de voir qu’il faut être prêt à se déployer n’importe quand», précise-t-elle.

Pour sa part, le capitaine Alain Miclette a appris qu’il devait quitter pour le Népal alors qu’il était en plein repas familial du dimanche. «Je n’étais même pas supposé être du déploiement, mais comme c’était dernière minute et que du personnel identifié pour la tâche ne pouvait s’y rendre, on m’a sélectionné comme remplaçant. Ce fut une expérience incroyable», explique le médecin militaire.

Rendue sur place, le cplc Russell aidait les Népalais blessés dans les régions plus éloignées. Il s’agissait souvent de fractures et de lacérations.

De son côté, le capt Miclette était le commandant de l’équipe mobile A. Après avoir installé une clinique centrale avec les autres membres de l’EICC, question que les gens en meilleur état puissent s’y rendre pour recevoir des soins, il s’est dirigé dans les villages pour venir en aide aux habitants.

Un deuxième tremblement de terre

Alors que cplc Russell était à 600 mètres d’altitude pour soigner des blessés, un deuxième tremblement de terre a frappé. C’était la panique. Des habitants se lançaient au bas des falaises. Pendant ce temps, la militaire chantait une chanson et protégeait de jeunes garçons venus se blottir contre elle.

Le capt Miclette, lui, était près d’un immeuble où tout s’effondrait : «Les vitres cassaient, et les gens couraient et criaient ne sachant pas où donner de la tête.»

Cette deuxième secousse a aussitôt aggravé la situation de crise. Ils devaient maintenant prodiguer des soins pour des blessures très graves. Il était impossible de soigner tout le monde, ce qui a été très difficile à accepter pour l’EICC.

Le contact humain

Au-delà du travail, l’expérience népalaise du cplc Russell et du capt Miclette leur a permis d’entrer en contact avec un peuple très différent des Occidentaux.

«Les Népalais sont des gens super aimables. C’était vraiment valorisant comme expérience. Nous nous sommes fait bénir à plusieurs reprises par les habitants de l’endroit pour le travail que nous faisions pour eux», décrit cplc Russell.   

«D’être présent là-bas, ça nous permettait de voir les gens dans leur milieu de vie naturel et nous étions face à la dévastation du pays causée par le tremblement de terre. Ce sont des gens qui doivent s’adapter constamment et ils ne se plaignent pas», ajoute capt Miclette.  

«Home sweet home»

Évidemment, l’opération RENAISSANCE a donné l’opportunité aux deux militaires de constater la chance qu’ont les citoyens canadiens de vivre dans un environnement stable.

«On est bien chez nous. Nous avons la paix et beaucoup de richesse. C’est des moments comme ceux-là qui nous font apprécier ce que nous avons», témoigne cplc Russell. 

Le capitaine Alain Miclette a pour sa part été marqué par la pauvreté et la pollution, mais surpris de constater à quel point les gens sont résilients, travaillants et aimants.  

<< Retour à la page d'accueil