100 ans de dentisterie militaire

Agrandir l'image Ce n’est pas parce qu’on est dentiste qu’on n’a pas besoin d’un autre dentiste. Le capt Andrew Gayed soigne son collègue, le maj Lalande. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

C’est le 13 mai 1915 qu’a officiellement été publiée l’Ordonnance générale autorisant la création du Corps dentaire de l’Armée canadienne en tant que corps distinct sous le contrôle administratif et professionnel du directeur des Service de santé. L’année 2015 sonne donc le centenaire des dentistes militaires canadiens.

L’histoire des dentistes militaires remonte cependant à plus loin que le 13 mai 1915.

Pour la première fois, lors de la guerre des Boers en Afrique du Sud de 1899 à 1902, des chirurgiens-dentistes canadiens travaillent dans un théâtre de guerre au sein du Corps dentaire royal canadien (CDRC). De nombreux autres déploiements ont ensuite suivi. Que ce soit lors de la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, la Guerre de Corée, l’Égypte, Chypre, l’ex-Yougoslavie, l’Asie du Sud-Ouest et l’Afghanistan ou encore des opérations nationales, le CDRC est essentiel au bon fonctionnement des militaires des Forces armées canadiennes (FAC).

Rôle au sein de l’armée

Comme l’explique le prosthodontiste de la 1re Unité dentaire, détachement Valcartier, major David Lalande, des soins dentaires restent des soins dentaires, que ce soit en milieu civil ou militaire. Cependant, contrairement aux entreprises privées qui donnent des soins aux civils, tous les militaires des FAC ont l’obligation de faire au moins un examen annuel. Ces évaluations permettent d’établir les besoins bucco-dentaires des patients. Les militaires sont obligés de se plier à cette règle, sans quoi ils ne pourront être déployés. «Cette réalité évite des urgences dentaires en pleine opération. La pire affaire qui pourrait survenir en termes de besoins bucco-dentaires, c’est qu’en pleine mission un militaire souffre d’une infection et soit évacué. Ça causerait non seulement un manque de personnel sur place, mais aussi des risques associés à une évacuation en pleine mission», explique le maj Lalande.

Lors d’un déploiement, les dentistes militaires installent normalement une clinique mobile afin de traiter les urgences, et ils restent prêts à toute éventualité. Afin d’être plus efficaces, ils doivent suivre des cours supplémentaires pour pouvoir agir à titre de premiers répondants et exécuter les premiers soins. Ils sont sur le terrain en cas d’urgence.

Ils procèdent souvent à des nettoyages. De plus, comme le précise le capitaine Andrew Gayed, dentiste à la 1re Unité dentaire, dét Valcartier, étant donné  qu’ils agissent comme officiers en service, ils doivent également assumer des tâches de gestion. En plus de faire du dentaire, ils gèrent d’autres dossiers.  

À Valcartier, la 1re Unité dentaire dessert plus de 6000 membres. Une équipe de 54 personnes s’occupe de cette vaste clientèle. La clinique de Valcartier est de classe cinq, c’est-à-dire qu’elle agit comme un centre régional de spécialité. Un seul dentiste peut voir entre 600 et 800 patients. Ces patients doivent être traités selon les normes de la société canadienne. Un service d’urgence 24 heures, sept jours sur sept, est également offert à Valcartier.

Évolution du métier

Selon le maj Lalande, le métier de dentiste au sein des FAC a beaucoup évolué au cours des trente dernières années. Même si la pratique ne change pas beaucoup, il en va autrement en ce qui concerne la technologie. Le maj Lalande précise que l’Armée canadienne tâche d’être à la fine pointe de la technologie dentaire.

Activités du 100e

Pour souligner les 100 ans du CDRC, la clinique de Valcartier a organisé un brunch et une marche autour de la base.

De grandes célébrations ont eu lieu à Ottawa du 11 au 13 mai. Des militaires de chaque détachement étaient invités à prendre part à un symposium. Plusieurs activités se tenaient en marge de cet événement. 

Le détachement dentaire de Valcartier c’est…

– 6000 clients

– 5 dentistes civils

– 10 dentistes militaires

– 2 hygiénistes militaires

– 6 hygiénistes civils

– 12 techniciens dentaires militaires

– 14 assistants dentaires civils

– De 600 à 800 patients par dentiste 

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