Exercice SOLDAT PROPRE 2015 : Combat contre un ennemi invisible

Agrandir l'image Un membre du 5 Bon Svc enlève la boue pour préparer le véhicule à l’étape de la décontamination. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Le Camp Vimy de la Base Valcartier avait des airs apocalyptiques, du 31 août au 4 septembre. Le 5e Bataillon des services (5 Bon Svc), en collaboration avec la 5e Ambulance de campagne (5 Amb C) et le 2e Bataillon du Royal 22e Régiment (2 R22R), prenait part à une simulation de décontamination en cas d’attaque chimique et radiologique durant l’exercice SOLDAT PROPRE 2015. 

Cet exercice était l’occasion parfaite pour tester le prototype d’un nouveau système de décontamination que les Forces armées canadiennes (FAC) viennent d’acquérir. La distribution de six de ces systèmes au sein des FAC débutera en 2016.

Le 5 Bon Svc est l’heureux élu qui a testé le prototype. Rappelons qu’en 2010, lors des Jeux olympiques de Vancouver, des militaires de Valcartier avaient eu le mandat de donner un soutien à l’organisation advenant un incident du genre. En 2012, la 2e Division du Canada (2 Div CA) a reçu le mandat de générer l’élément terrestre d’une capacité d’appui général de décontamination CBRN (cie Décon), optimisée pour les opérations d’évacuation des non-combattants (OENC). En collaboration avec la 5 Amb C, le 5 Bon Svc est devenu responsable de générer cette capacité en ce qui a trait à la préparation du matériel et du personnel assigné à cette tâche. Ainsi, la mise en service du nouveau système de décontamination a été assignée à la cie Décon.

Avant de prendre part à l’exercice SOLDAT PROPRE, une cinquantaine de ses membres ont été formés du 17 au 28 août pour se familiariser avec les installations.

À la douche!

Le scénario de l’exercice SOLDAT PROPRE démarre au moment où les militaires reviennent de la zone de conflit après avoir subi une attaque nécessitant leur décontamination.

En arrivant sur le site de décontamination, les soldats, vêtus de leur équipement de protection individuelle (EPI), sont immédiatement pris en charge par des sous-officiers. Ils sont dès lors dirigés vers l’un des deux corridors possibles : la ligne ambulatoire et la ligne non ambulatoire pour les soldats blessés.

Premier arrêt, la zone de décontamination initiale. C’est là que les combattants déposent leurs armes, les munitions et tout autre élément qu’ils transportent avec eux. Une partie de ce matériel sera également envoyé pour décontamination. Toujours vêtus de leur EPI, les soldats passent dans une première douche afin d’éviter que des particules radiologiques ou des vapeurs chimiques soient dégagées dans l’air.

Deuxième arrêt, l’aire où ils enlèvent combinaison de protection, gants et bottes, après quoi ils retirent leurs autres vêtements. Ils passent dans une douche d’eau savonneuse et se rincent. D’autres militaires s’assurent alors qu’aucun produit n’est encore présent sur eux avec l’aide d’un détecteur d’agent chimique ou radiologique. Ce n’est qu’une fois ces étapes complétées que les soldats peuvent se rhabiller.

Le processus est similaire pour les militaires blessés, excepté que ces derniers sont pris en charge par le personnel médical de la 5 Amb C qui traite leurs blessures en vue d’éviter une contamination interne.

Les véhicules passés au savon

L’exercice SOLDAT PROPRE servait également à mettre en pratique les étapes de décontamination des véhicules, au nombre de quatre.

Lorsqu’ils arrivent de leur zone d’opération, les véhicules sont souvent recouverts de terre. Dans le cas d’une attaque chimique ou radiologique, le contaminant s’incruste entre la surface et la saleté.

Les véhicules doivent d’abord être emmenés à la zone de prélavage, première étape du processus de décontamination. Des militaires procèdent alors au nettoyage de toutes les surfaces du véhicule au jet d’eau.

On donne ensuite un bon «shampoing» aux véhicules à l’aide d’une mousse spéciale qui déloge les contaminants. On laisse reposer et on procède au rinçage.

Des militaires utilisent finalement des appareils de détection afin de s’assurer qu’il ne reste plus de particules radiologiques ou d’agents chimiques.

L’exercice SOLDAT PROPRE existe depuis 2012 et s’exécute une ou deux fois par année.

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