Trois nouveaux Pathfinders au 3 R22eR

Agrandir l'image Des participants au cours de Pathfinder se préparent en vue d’un exercice d’insertion et d’extraction en vol stationnaire à basse altitude. Photo - Cpl Darcy Lefebvre, Caméra de combat des FC

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Trois caporaux membres du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR) ont réalisé tout un exploit le 16 octobre. Dans le cadre d’une cérémonie de collation des diplômes à la base de Trenton, ils sont officiellement devenus éclaireurs-patrouilleurs, mieux connu par le terme anglais «Pathfinders». 

Du 24 août au 16 octobre, les caporaux Couture, Potvin et Labrecque prenaient part au cours de patrouille Pathfinder qui se donnait dans plusieurs bases à travers le Canada, notamment Trenton, Petawawa et Esquimalt.

Ils avaient été sélectionnés parmi de nombreux volontaires du Royal 22e Régiment (R22eR) qui ont participé au processus de sélection des candidats du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC). 

Avant de se lancer dans la gueule du loup en compagnie de 28 autres soldats, dont huit du 5 GBMC, les futurs Pathfinders ont suivi une série de cours de préparation et se sont entraînés pendant plus d’un an et demi. L’objectif étant de posséder les outils nécessaires pour relever le défi de taille que représente le cours d’éclaireurs-patrouilleurs. 

«En un an et demi, nous n’avons pas arrêté de nous entraîner», commente le Cpl Couture, qui précise qu’il faut absolument être qualifié pour la reconnaissance avant de prendre part à ces tests.

L’art de repousser ses limites

Considéré comme le cours le plus difficile des Forces armées canadiennes, les aspirants Pathfinders sont constamment repoussés à leurs limites.

Comme la définition de cette classe le dit, seuls les militaires les plus en forme physiquement et capables de travailler avec un stress extrême dans un environnement hostile, tout en ayant un minimum de soutien, sont en mesure de réussir.

D’ailleurs, plusieurs soldats ne terminent pas le cours en raison des blessures subies.

Pendant ces nombreuses semaines d’évaluation, tout se fait en équipe et les gars doivent se serrer les coudes s’ils désirent obtenir le titre de Pathfinder. «C’est tellement difficile que si un gars échoue dans un détachement ou une section, c’est toute l’équipe qui ne termine pas. Ça se fait en équipe et ça se termine en équipe», affirme le Cpl Labrecque.

Plus concrètement, les candidats éclaireurs-patrouilleurs sont envoyés en avant des troupes pour aller derrière les lignes ennemies et établir des zones de largage et d’arrivée des hélicoptères, des bateaux, des blindés et autres en plus de sélectionner l’emplacement des attaques. Ils accueillent ensuite les troupes à leur arrivée.

«Nous traversons les lignes ennemies et exécutons une reconnaissance de zone pour voir quelle serait la meilleure option pour amener les troupes à l’objectif, que ce soit par l’eau, la terre ou les airs. Une fois que c’est décidé, nous offrons au commandant les options et nous déterminons le meilleur terrain pour manœuvrer en fonction de sa décision. Il faut tout faire ça furtivement», précise le Cpl Potvin. 

Ils doivent également procéder à des exercices de navigation.

Vient ensuite le défi final. Lâchés au milieu de nulle part les yeux bandés, les gars ont jusqu’à 10 jours pour atteindre différents objectifs. Tout au long de ce défi, ils doivent transporter un sac d’équipement pesant plus de 54 kilogrammes. Les candidats ne dorment que deux heures en moyenne et bougent pendant 20 heures. Les deux heures qui restent servent à la planification des ordres de la mission. Leurs repas se résument à des rations, des barres énergétiques et des noix.

Au travers de ce processus, les soldats n’oublient pas la devise des Pathfinders : la mission en premier. «Tes camarades passent avant toi. Tout le monde paie là-bas, mais les blessures doivent être confirmées par un médecin, autrement, il faut continuer», ajoute le Cpl Labrecque, qui a calculé qu’ils avaient marché plus de 133 kilomètres.

La fierté de réussir

Ce défi physique et mental, seuls les combattants en mesure de faire preuve de résilience sont en mesure de le réussir et d’atteindre la ligne d’arrivée. Même s’ils demeurent humbles par rapport à leur exploit, les caporaux Couture, Potvin et Labrecque retirent une grande satisfaction de ce qu’ils ont accompli.

«Cette formation nous a permis d’ajouter des outils à notre coffre de travail. Il ne faut pas avoir peur d’essayer, même si le monde parle de ce cours comme si c’était l’apocalypse. Si tu n’y vas pas, tu ne verras pas c’est quoi. Il y a seulement toi qui peux t’empêcher d’accomplir quelque chose dans la vie», soutient le Cpl Labrecque.

Avec du recul, les trois membres du 3 R22eR considèrent que quiconque possède la détermination nécessaire peut réussir le cours de Pathfinder. Ils admettent cependant avoir tous pensé à y mettre fin au moins une fois... S’ils avaient un conseil à donner, ce serait de prendre ça une étape à la fois.

Grâce à cet exploit, les caporaux Labrecque, Potvin et Couture ont le privilège de porter sur leur uniforme la torche des Pathfinders. Ce symbole représente le leadership. Cette année, 12 militaires ont obtenu leur torche au Canada.

«La qualification Pathfinder est souvent mal comprise. Le cours n’est pas une sélection qui a pour but de choisir qui pourra porter la "torche" sur son uniforme. C’est un cours qui donne des capacités uniques et essentielles à la conduite efficace de nos opérations. Un individu qui est qualifié Pathfinder est doté d’un sens du devoir, d’un professionnalisme, d’une autonomie et d’un désir de vaincre qui le différencient de ses pairs. Mes sincères félicitations à ceux qui ont réussi cet accomplissement monumental cette année. Nous sommes fiers de vous», termine le commandant du 3 R22eR, lieutenant-colonel Timothy Arsenault.   

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