L’excellence des soldats canadiens mise en lumière

Agrandir l'image Le Col Michel-Henri St-Louis discute avec le commandant du bataillon portugais, lieutenant-colonel Pedro Barreiro, à l’occasion d’une visite des troupes déployées à Santa Margarida, au Portugal. Photo - Sgt Sébastien Fréchette, Affaires publiques du 5 GBM

Par Simon Leblanc, journal Adsum

«C’était exceptionnel de commander sept pays différents et que ce soit le personnel du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC) qui forme le noyau du commandement», souligne le commandant du 5 GBMC. L’Adsum a rencontré le colonel Michel-Henri St-Louis pour dresser un bilan de l’exercice TRIDENT JUNCTURE 2015.

Du 21 octobre au 6 novembre, environ 1650 militaires canadiens, dont plus de 650 du 5 GBMC, étaient au Portugal pour prendre part à cet exercice. Le Col St-Louis a eu la chance de diriger une brigade multinationale. «Grâce au travail de l’équipe de la Base Valcartier, on a relevé ce défi avec brio», affirme-t-il.

Étant donné que 30 pays participaient à l’exercice, il a fallu dès le début se concentrer sur les communications entre des nations parlant des langues différentes, une tâche complexe.

Du 23 au 31 octobre, les bataillons se sont entraînés en vue de l’exercice final. Finalement, c’est au cours de cinq jours humides et pluvieux, du 1er au 5 novembre, que les troupes de l’OTAN ont procédé à un mouvement routier de plus de 200 véhicules de combat. Franchissant une rivière grâce à des ponts montés par le génie allemand et portugais ainsi qu’à la capacité des véhicules amphibies italiens, les forces de l’OTAN ont ensuite rencontré l’ennemi, représenté par un bataillon portugais, pour conclure avec une attaque dévastatrice.

«Cet exercice a démontré que le Canada est capable de prendre la tête d’une opération terrestre multinationale, sous l’égide de l’OTAN, à travers un spectre de stabilité et de combat. Notre pays est en mesure de répondre à l’appel si l’alliance le demande», commente le Col St-Louis.

Selon l’adjudant-chef Stéphan Despins, cet exercice a rehaussé la confiance de tout le monde. «Malgré la difficulté de communiquer entre nations dans ce genre de déploiement, nous avons démontré qu’on peut combattre un ennemi efficacement grâce à une remarquable interopérabilité entre les différents pays. Cela a été bénéfique», précise-t-il. 

Une expérience unique pour de jeunes chefs

Ce vaste exercice était également une occasion inégalée pour de jeunes leaders de prouver leurs aptitudes. L’Adjuc Despins cite en exemple le sergent Franck Lemieux, du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR). Ce dernier a mis sur pied un échange d’ailes entre Portugais et Canadiens en organisant un saut regroupant près de 250 parachutistes à bord de cinq avions militaires de trois pays. Déterminé à obtenir ses ailes portugaises, le sergent-major du 2 R22eR, Adjuc Éric Poissant, a même décidé d’enfiler un parachute, sautant pour la première fois depuis 23 ans.

Le Col St-Louis a été impressionné par le niveau des chefs du 5 GBMC qui débutent. «Pour eux, cet exercice demeurera une référence pour le reste de leur carrière», indique-t-il. «TRIDENT JUNCTURE nous a permis d’observer que nous avons d’excellents soldats dans l’Armée canadienne. On n’a pas à être gêné auprès des autres nations, qui ont également de très bons soldats», renchérit l’Adjuc Despins.   

Le point sur la situation mondiale actuelle

La Base Valcartier fait parler d’elle dans les médias ces temps-ci. En plus d’être l’une des bases ciblées pour accueillir des immigrants syriens, le gouvernement a indiqué sa volonté de revoir l’implication des Forces armées canadiennes en Irak. Le colonel Michel-Henri St-Louis affirme que le 5 GBMC doit être prêt à toute éventualité et doit répondre aux demandes du gouvernement. Actuellement, le 5 GBMC est la brigade canadienne en haute disponibilité opérationnelle. Un groupe du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment est notamment déployé en Pologne pour l’opération REASSURANCE et un autre se prépare à prendre le relais. D’autres militaires d’ici iront également en Ukraine pour y donner de l’entraînement. «Si cela se concrétise, on est prêt», assure le Col St-Louis. En ce qui a trait à l’arrivée éventuelle d’immigrants à la Base Valcartier, il indique que si le gouvernement confirme son intention d’accueillir des familles vivant une crise humanitaire depuis plusieurs années, le 5 GBMC honorera sa promesse de leur donner la chance d’un avenir meilleur. «Les événements de Paris nous interpellent. On est bien conscient de la menace terroriste. Nous avons subi ici des attentats à Ottawa et à Saint-Jean. Cependant, ces actes n’ont pas été commis par des réfugiés mais par des Canadiens… En France, ce sont des Français qui ont agi. Il ne faut pas tout mélanger. Il faut assumer notre devoir de soldats qui avons comme tâche d’être les gardiens de la société», répond le commandant. 

<< Retour à la page d'accueil