Prévention du suicide - Collègues en détresse : des sentinelles aux aguets

Agrandir l'image Une soixantaine de militaires ont obtenu un certificat confirmant leur rôle de sentinelle au sein de leur unité respective. Photo - Gracieuseté

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Réunis à la Maison du renouveau, 63 militaires de la Base Valcartier ont été formés le 7 décembre pour agir comme sentinelles au sein de leur unité. Le rôle de ces volontaires sera d’établir un contact avec la personne en détresse et de la guider vers les ressources appropriées.

La formation, baptisée opération RÉSILIENCE, a été mise sur pied par le capitaine Louis-Martin Lanthier, aumônier du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment, et certains de ses homologues de la Base Valcartier. Nathalie Pelletier, intervenante au Centre de la famille Valcartier, a également mis à profit son expertise lors de la formation. La résilience est la capacité de se relever après avoir reçu un choc dans la vie.  

«On voulait former un réseau de sentinelles pour renforcer les capacités de soutien et d’écoute au sein des différentes unités, affirme l’aumônier du 5e Bataillon des services, capitaine Jean-Max Destiné. Cette formation n’est pas seulement importante, elle est nécessaire».

Le commandant de l’Armée canadienne (AC) souhaite que ce programme soit implanté au sein de l’ensemble de l’AC en suivant une procédure commune respectée par toutes les divisions.

La formation habilite les participants à détecter les signes de détresse dans leur entourage au travail. Le programme des sentinelles est implanté dans plusieurs établissements au Québec. Le capitaine Dany Sylvain, aumônier du 12e Régiment blindé du Canada, animait la formation donnée aux militaires le 7 décembre. L’objectif des animateurs de la formation était d’aiguiser le sens de responsabilité des participants envers leurs confrères et consœurs, de les amener à reconnaître la détresse sans porter de jugement, de chercher à comprendre ce qui se passe et de diriger les personnes à risque vers les services appropriés.

L’objectif de la formation n’est pas de faire des participants des thérapeutes après une journée de formation. Mais grâce à leur proximité avec leurs collègues, les sentinelles constituent un «relais» entre les personnes en détresse et les ressources d’aide. Elles peuvent sonner l’alerte en quelque sorte.   

«Quelqu’un qui souffre peut ne pas vouloir parler de ses problèmes avec un padré, mais être plus à l’aise de le faire avec un ami. Ce dernier peut ensuite aller voir le service d’aumônerie de son unité pour obtenir des solutions», explique le padré Destiné.

Apprendre dans le plaisir

Comme l’a décrit le padré Destiné en entrevue avec l’Adsum, la journée de formation a laissé place à un apprentissage intéressant, dans une ambiance calme mais stimulante.

Sous forme d’atelier, les militaires ont appris à connaître la différence entre une question fermée et une question ouverte. L’image d’un personnage était projetée et les futures sentinelles devaient deviner son identité en posant des questions fermées en premier lieu et des questions ouvertes en second lieu. «On a fait cet exercice pour que nos sentinelles sachent comment poser les bonnes questions. C’est beaucoup plus difficile d’obtenir de l’information avec des questions fermées. Ils ont pu voir que les questions ouvertes permettaient d’aller plus loin, plus rapidement», précise le padré Destiné.  

Comme autre atelier, afin d’illustrer l’écoute et la compréhension, les gens dans la salle devaient dessiner une image décrite par une personne. Ce moment a permis à plusieurs de comprendre qu’il est parfois difficile de saisir ce qu’une personne veut dire. «Il faut apprendre à écouter et à poser les bonnes questions. Nous pouvons mal interpréter ce que notre interlocuteur nous raconte», ajoute l’aumônier du 5 Bon Svc.

Pour lui, il était important de faire comprendre aux militaires présents qu’il est primordial d’intervenir lorsqu’une personne présente des signes de détresse. «Vous avez la responsabilité morale de ne pas laisser partir cette personne. C’est un devoir moral d’intervenir lorsque quelqu’un en a besoin. Je ne sais pas combien de fois une sentinelle a permis de sauver une vie.»

Les 5 principaux objectifs de la formation des sentinelles

1- Comprendre ce qu’est la résilience psychologique et spirituelle.

2- Acquérir les notions nécessaires au repérage des personnes pouvant souffrir de détresse.

3- Apprendre à valider la situation de ces personnes.

4- Prendre action avec discernement.

5- Référer vers les ressources adéquates en cas de besoin. 

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